Conférence sur« l’Intelligence artificielle au service de notre quotidien et de la médecine » par Margaux Irondelle et Cédrik Delannoy , Sales Leaderschez Incepto et Nicolas Laurent, Chef de Pole du CHU de Valenciennes

Nous étions quelques-unes à participer à cette conférence intéressante, à l’initiative du Rotary Lille Vauban, qui abordait essentiellement l’avenir. La société Incepto médical, startup française, leader dans le domaine de l'Intelligence Artificielle (IA) en imagerie médicale, nous présente l'évolution de l’IA, de son apparition à son utilisation dans le domaine médical.

Peut-on avoir une totale confiance dans cet outil d'assistance ? Peut-il remplacer l'homme ? Quelle place prendra-t-il dans nos vies futures ?

D’un point de vue historique, le développement de l’IA s’étale de 1950 - avec le test de Turing qui permet de déterminer si une machine est "intelligente" - à nos jours .

Le terme Intelligence Artificielle (IA) est employé pour la première fois lors de la conférence de Dartmouth, atelier scientifique organisé durant l'été 1956.
Après des périodes « d’Hivers et de Réveils », c’est au cours des années 2010 à 2017 que le boom des assistants virtuels s’est produit (Apple Siri 2010, Google Now 2012, Microsoft Cortana 2014, Amazone Alexa 2015, DeepMind Google 2017 : apprend elle-même à marcher) et que l’IA est apparue dans nos smartphones et dans notre quotidien à travers différentes applications.
Le volocopter – taxi volant – qui utilise la technologie du drone sera commercialisé pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

La puissance de l’IA permet la résolution de problèmes complexes : reconnaissance d’objet, processus de production, prise de décision en temps réel dans les centres de contrôle des aéroports, domaine médical, etc…

Dans le domaine médical, elle permet de soulager les tâches répétitives : compte-rendu d’imagerie, prise de rendez-vous (Doctolib, Kelldoc), optimisation des rendez-vous, réalisation semi-automatisée de planning médical…
Elle répond également au défi démographique et de l’augmentation des besoins en santé : vieillissement de la population, diminution du nombre de médecins (numérus clausus) .
Elle améliore la productivité des machines d’imagerie en augmentant le nombre de patients pouvant être pris en charge par équipement, en réduisant les délais en apportant des solutions d’aide au diagnostic en mammographie, et en améliorant les performances des dépistages.

Néanmoins, il y aura toujours besoin de médecins radiologues pour faire la synthèse des informations à exploiter dans les examens. Ce métier va changer et permettra de passer plus de temps sur les dossiers complexes.

L’IA préfigure de belles perspectives :

  • Homogénéisation des diagnostics et prise en charge, qualité des soins,
  • Médecine personnalisée pour mieux soigner,
  • Et médecine prédictive pour éviter l’apparition de maladies.

"L’intelligence reste néanmoins humaine et c’est rassurant"


Frida Khalo, par Marie Castelain, historienne de l’Art

Frida Khalo, par Marie Castelain, historienne de l'Art

C’est assurément l’artiste mexicaine la plus connue au monde et une des figures les plus influentes du XXème siècle.
Frida naît en réalité sous le nom de Magdalena Frida Carmen Kahlo y Calderón, dans la « Casa Azul » (« La maison bleue ») le 6 juillet 1907, d’un père allemand et d’une mère mexicaine ; cette date anniversaire, Frida la récusera toujours et choisira celle du 7 juillet 1910. Ce n’est pas là un hasard ! Une longue et douloureuse révolution mexicaine débute cette année là qui durera plus de 10 ans et que le romancier Graham Greene a décrit dans « la Puissance et la Gloire» Et Frida s’en veut l’héritière.

La petite enfance de Frida est heureuse mais à 6 ans la poliomyélite lui fait perdre l’usage de sa jambe droite. Les quolibets dont l’affublent ses compagnes (« Frida la boiteuse ») n’entament en rien sa détermination de devenir médecin. C’est sans compter sur la tragédie à venir : l’année de ses 18 ans, le bus dans lequel elle se trouve entre en collision avec un tramway : l’abdomen de la jeune fille est transpercé par une barre de fer ; une trentaine d’opérations seront nécessaires pour consolider sa colonne vertébrale. Contrainte de renoncer à la médecine, la peinture va la sauver. Ses parents lui installent un chevalet et un miroir au baldaquin de son lit qui lui permettent de peindre tout en restant couchée.

Sa peinture devient alors porte-parole de sa souffrance. « La colonne brisée » illustre de façon poignante sa douleur.
« Je n’ai jamais peint de rêves, mais ma propre réalité. »

En 1928 Frida s’inscrit au Parti Communiste mexicain et veut défendre l’émancipation des femmes mexicaines. La même année elle rencontre Diego Rivera, un colosse de vingt ans son ainé, célèbre pour ses fresques murales qui retracent l’histoire du Mexique. Elle l‘épouse en 1929. De lui, elle connaîtra toutes les infidélités jusqu’à leur divorce puis leur remariage.

« J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un à cause d’un bus, l’autre ce fut Diego. Diego fut de loin le pire », a écrit l’artiste.

Malgré tout, ils se vouent une extraordinaire admiration mutuelle. Inséparables.
Mais, en femme libre, Frida s’autorise elle aussi des aventures, notamment avec le révolutionnaire Léon Trotski et bien d’autres encore, hommes ou femmes. Avec Diégo elle découvrira Les Etats-Unis et la France. En 1953, son amie Lola Alvarez Bravo organise sa première exposition personnelle à Mexico. Lors du vernissage, son médecin lui ayant interdit de se lever, Frida arrive, au milieu de ses amis, sur son lit d’hôpital, parée de bijoux.

Elle assiste enfin à la reconnaissance de son travail. Elle meurt un an plus tard le 13 juillet 1954. Elle nous laisse une œuvre hautement autobiographique de 143 tableaux dont 55 autoportraits. La peinture a permis à Frida d’atténuer ses souffrances tout comme celles-ci ont nourri son art.


Conférence sur le syndrome d’Asperger par Marie Cécile et Vianney

Conférence sur le syndrome d’Asperger par Marie Cécile et Vianney

Ce fut un moment fort. Vianney, un beau jeune homme, d’une trentaine d’années, au sourire chaleureux est venu avec sa maman, Marie Cécile nous parler du long parcours, mené ensemble et avec le noyau familial pour surmonter les difficultés rencontrées – sociales, comportementales, intellectuelles et l’accompagner au mieux dans cette intégration.
Le syndrome d’Asperger a été pour la première fois décrit en 1943 par le Dr Hans Asperger, un psychiatre autrichien, et défini cliniquement par la
psychiatre britannique Lorna Wing en 1981.
Concrètement, le syndrome d’Asperger fait partie des troubles du spectre autistique, ou TSA. Les symptômes de ce type d’autisme sont bien particuliers. Les enfants diagnostiqués tels ne présentent généralement pas de retard du langage, ni de déficience intellectuelle. Ce fut le cas de Vianney. Pour autant, dans l’enfance, la communication s’avérait difficile, souvent limitée à l’expression des besoins primaires ; les gestes étaient stéréotypés et le besoin de routine dominait dans les jeux et les activités quotidiennes. La situation de Vianney n’évoluera guère en maternelle « ordinaire », la maltraitance s’ajoutant à l’hyper sensibilité sensorielle.
Après un bref séjour en Belgique Vianney va rejoindre un Institut Thérapeutique Educatif (ITEP) dans le Nord puis un établissement pour déficients visuels où il restera de la 5ème à la 3ème et enfin un lycée où il passera un bac technologie en 2013.
Que de chemin parcouru ! Que d’obstacles franchis ! Ensemble : Vianney et ses parents, ses frères et sœurs. Pendant toutes ces années Vianney a évolué, grandi, apprivoisé le monde extérieur ; il s’est enrichi d’expérimentations multiples. Les sciences l’attirent : il passe un DUT de physique générale puis une licence professionnelle MEB (Métrologie en Mesures Environnementales et Biologiques) .
Malgré les immenses progrès accomplis, certaines activités restent difficiles, notamment la manipulation d’objets et l’organisation des travaux pratiques. Plusieurs stages en entreprises vont enrichir sa formation. Aujourd’hui Vianney est ingénieur d’étude au Laboratoire d'Optique Atmosphérique qui est une Unité du CNRS située sur le campus de l'Université de Lille.

Grâce à l’association ISRRA, Vianney a pu bénéficier d’un logement encadré par des accompagnateurs. Aujourd’hui il vit dans un appartement totalement autonome avec des aides médico-psychologiques (courses, repas, entretien du logement). Certaines tâches restent encore compliquées: ranger ses affaires, savoir à qui s’adresser pour résoudre un problème, s’adapter aux changements, résister à certaines phobies notamment
sensorielles (en particulier le bruit) ou visuelles (les néons, les lampes qui clignotent).
Différentes aides ont permis à Vianney d’évoluer : séances d’ergothérapie, aides au repérage dans l’espace, tutorat pédagogique et méthodologique.
Aujourd’hui Vianney est vice-président de l’Association des Autistes Asperger, l’Ass des AS.
Créée par des parents en 2007 pour faciliter la vie des personnes Asperger l’association a pour objectif d’être un lieu d’échanges entre personnes Asperger, parents et professionnels.
Passionné de sport, Vianney nous a confié ses deux prochains défis : passer son permis et fonder une famille.
Un immense merci à lui et sa maman pour cette magnifique leçon de vie !


Visite guidée de l’Eglise Saint Joseph à Roubaix et de l’Eglise Sainte Thérèse à Wattrelos

Visite guidée de l’Eglise Saint Joseph à Roubaix et de l’Eglise Sainte Thérèse à Wattrelos

L’Eglise Saint Joseph. Cet édifice néo-gothique conçu en 1876-1878 par l’architecte J.B Béthune, à l’initiative des industriels du textile de Roubaix, restauré de 2014 à 2020 fait maintenant partie du patrimoine historique. Sa façade stricte, en briques et dans l’alignement des maisons, ne laisse en rien deviner la flamboyance de couleurs que l’on découvre en entrant. Vitraux somptueux épargnés par la guerre et statuaire sint une véritable cathéchèse ; le vitrail Saint Joseph une leçon sur les responsabilités des pères de famille. Sur les murs, reprise en clins d’œil des motifs utilisés sur les tissus.

Une guide bénévole, catéchiste et passionnante nous a appris le cérémonial de la dédicace du nouvel autel : il est lavé en rappel de l’eau du Jourdain. Cinq croix sont gravées dans la pierre d'autel rappellent les cinq plaies du Christ. Ces croix sont jointes avec le Saint Chrême et l’autel est recouvert d’un linge.

L’Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus fut construite en 1927 par l’architecte Charles Bourgeois, sur les fonds propres du curé de la paroisse, l’Abbé Delebart, issu d’une riche famille textile et grâce aux dons des paroissiens. Et ce à la demande des ouvriers nouvellement installés qui souhaitaient un lieu de prière. Elle a été inscrite au patrimoine historique en 2005 .

De style Art Déco elle a été bâtie en pierre reconstituée en aggloméré de ciment. La façade en céramique bleue est assez déconcertante. Le décor conçu autour du thème de la rose, symbole de Sainte Thérèse, est particulièrement homogène ; la rose est partout : mobilier, vitraux, céramiques, mosaïques, voutes, porche, carrelage, fonds baptismaux.

Bien que différentes, ces deux églises l’une néo-gothique, l ‘autre Art déco , ont un point commun : leur construction a été décidée dans un souci de rassemblement communautaire :

  • A Roubaix, dans le quartier de l’Alma pour unir et réunir ouvrier du cru et émigrés. Tous pratiquant la même religion, ce fut relativement facile et le projet généra beaucoup de solidarité dans ce quartier pauvre.

  • A Wattrelos, dans ce nouveau quartier du Laboureur, peuplé d’ouvriers, il fallait aussi un lieu de dévotion et de réunion.

Une des étymologies du mot religion est « religare » : lier, relier. La religion commelien, lien social. Ces deux édifices ont bien rempli leur mission. Mais qu’en est-il de nos églises aujourd’hui ?


Atelier de morphopsychologie

Atelier de morphopsychologie

De tout temps depuis Hippocrate, on a pensé qu’il y avait une correspondance entre les formes du visage et les tempéraments.
Mais c’est seulement au siècle dernier, que cette connaissance empirique a été étudiée comme une science nouvelle par le docteur
Louis Corman, décédé en 1995, dans son ouvrage sur la morphopsychologie « visages et caractères »

Celle-ci établit un lien entre la forme du visage et les caractères, distinguant tout d’abord, les types dilatés et les types rétractés, mais
aussi entre les différents étages du visage : le cérébral, l’affectif et l’instinctif, son ossature, son modelé, et l’influence de la tonicité ou
de l’atonie des personnes…

Tout cela aide à analyser et à comprendre les réactions des individus en fonction de l’environnement dans lequel ils évoluent.
Ce diagnostic de la personnalité donne un éclairage sur les ressources de chacun : ses points forts, ses difficultés et son potentiel parfois inexploité.

Cet exposé se termine de façon ludique par un test d’intuition, d’après des dessins de visages, du PDG, au bagarreur, en passant par l’artiste et le fonctionnaire subalterne.


Nicolas de Staël (Saint Pétersbourg 1913 -Antibes 1955) par Marie Castelain, historienne de l’Art

Nicolas de Staël (Saint Pétersbourg 1913 -Antibes 1955) par Marie Castelain, historienne de l’Art

« Une illumination sans précédent »

Nicolas de Stael est né à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique. Son père était un proche du Tsar. En 1922, il devient orphelin et les 3 enfants : Marina, Nicolas et Olga sont pris en charge par leur tutrice « Nia Nia » mais sa vie mondaine ne lui permet pas d’assurer l’éducation des enfants.
La famille Fricero, qui habite Bruxelles, va les recueillir et les élever comme ses propres enfants. Nicolas entre à l’école des Beaux Arts de Bruxelles et se prend de passion pour Rembrandt et Vermeer.

A 19 ans il parcourt à vélo le sud de la France, l’Espagne et le Maroc où il rencontre Jeannine Guillou, elle-même peintre déjà confirmé et mère d’un petit Anton. (Portrait de Jeannine 1941-1942)

L’année suivante ils entreprennent un long voyage en Algérie puis en Italie. En 1939, Nicolas s’engage dans la Légion étrangère. Démobilisé deux ans plus tard, il s’installe à Nice avec Jeannine, et trouve un atelier.
C’est à cette époque que naît sa fille Anne en 1942. De retour à Paris, il expose dans la galerie de Jeanne Bucher à Montparnasse qui est le temple de l’avant garde artistique.
Elle l’expose aux côtés de Kandinsky, César Domela. Il se lie à Lanskoy, Braque. Il peint de façon acharnée. Ses toiles, très largement travaillées, sont recouvertes d’une matière épaisse constituée par des retouches très fortes au couteau.
En 1946, Jeannine meurt. La faim, les privations ont eu raison de sa santé fragile. Nicolas, désemparé, s’isole.

En 1949, son ciel s’éclaircit enfin. Il rencontre et épouse Françoise Chapouton avec qui il aura trois enfants : Laurence, Jérôme et Gustave. Elle lui redonne l’envie de peindre sans relâche mais Nicolas, très exigeant avec lui-même, jette beaucoup de ses œuvres qu’il juge mauvaises.
Pourtant à cette époque le succès commence à venir ; il expose à Paris, Londres, New York et s’oriente vers une peinture nettement figurative, plus vibrante aussi.

En 1952, au paroxysme de la lumière, il peint "Les footballeurs" après avoir assisté avec sa femme au match de football France-Suède en nocturne au Parc des Princes ; "Les mâts" , cette toile où il saisit la lumière d’Antibes à son point d’aveuglement. Il se lie d’une amitié profonde avec le poète René Char. En 1953, il rencontre Jeanne Polge, la muse du poète. Nicolas en tombe éperdument amoureux. Avec Françoise et les enfants, avec Jeanne cette femme qui l’attire, ils entreprennent en camionnette un inimaginable voyage en Sicile. Sa peinture explose, se libère de toutes ses angoisses.
Mais Jeanne ne voudra pas donner suite à leur histoire. Nicolas, écartelé, désespéré peint sans discontinuer.
"Le concert (4mx6m)" sera sa dernière toile ; elle fait référence au concert Schonberg/Webern auquel il a assisté à Paris. Elle restera inachevée.

En 1955, il dira « Je suis perdu, peut être ai- je assez peint ».
Dans la nuit du 15 au 16 mars 1955, Nicolas de Staêl se suicide en se jetant par la fenêtre de son atelier d’Antibes. Chaque tableau - il nous en laisse plus de 1000 – est d’une intensité unique et c’est dans un élan de création qu’il mettra un terme à sa vie.


« Colette l’Insoumise » par Véronique Mattéoli

« Colette l’Insoumise » par Véronique Mattéoli

Colette et ses maisons et jardins

Elle a laissé son âme dans ses maisons et jardins. Là elle se sent aimée et libre.
o La première à St. Sauveur en Puisaye dans l’Yonne où elle a passé son enfance.
Elle s’éveille à la nature. Il y a deux jardins, celui du haut et celui du bas. Elle s’y sent libre, chaque maison a son histoire. Celle-ci deviendra un musée qui se visite ainsi que les jardins depuis 2016.
o La seconde : ROZ VEN à Saint Colomb en Bretagne où elle vit 14 ans avec Missy qui a acheté cette maison après son divorce. Elle aime beaucoup la Bretagne où elle passe tous ses étés. Elle se baigne, jardine, accueille beaucoup d’artistes dans une ambiance libertine. « Le blé en herbe » a été écrit là. C’est la villa du bonheur.
o La troisième à Saint Tropez. Achetée en 1925, elle lui a donné le nom de « La
Treille muscate ».
Elle adore cette maison : « je n’en veux plus d’autre » dit-elle. Elle observe les saisons et les aime toutes. Elle travaille beaucoup, écrit « La naissance du jour » en 1927. « Tout Paris est ici » dit-elle mais elle reste une sauvageonne. Elle l’a quitte en 1936. Charles Vanel l’achète mais la recède à la famille en 1939. Elle ne se visite pas.
En 1938 elle prend un appartement à Paris au Palais Royal et a alors l’impression d’avoir le monde à ses pieds. Elle y vivra jusqu’à sa mort en 1954 se partageant entre Monte Carlo et Deauville.
Colette et la danse
Elle commence en apprenant le mime, devient la première femme de son temps à se produire et danse au Moulin Rouge. Années de scandales et de
libérations homosexuelles. Elle joue « La Romanichelle » avec Missy puis avec Sacha Guitry part jouer dans différentes villes de France, à Bruxelles et Genève.
Elle écrit « notes de tournées » où elle montre la souffrance des artistes avec poésie et humanité. Admiratrice de Balzac et Paul Claudel. Pour elle c’est
une nécessité d’écrire.
Colette et la Bretagne
Elle découvre la mer pour la première fois à Belle-Ile. Missy achète une maison et l’invite à Roz Ven et lui laisse la propriété. Elle se baigne tous les jours, épouse Henri de Jouvenel. C’est une période riche et heureuse où tout est intact. En 1920 elle a une relation avec son beau-fils de 17 ans pendant 5 ans.
Elle devient la gloire des lettres françaises, reçoit la légion d’honneur, se rapproche des peintres, notamment de Mathurin Meheut avec qui elle écrit un livre « La Flaque », regard de l’enfant.
Colette où celle qui ne voulait pas écrire :
Cela a été son gagne pain dans sa vie aventureuse. Elle avait un public lettré, universitaire, des salons littéraires. Elle a joué au théâtre, dans des films, produit des essais, des articles en tant que reporter, interviewé la Reine Marie de Roumanie et montré beaucoup de régularité dans ses écrits ; elle avait une écriture pittoresque. Sa mère lui a apporté beaucoup et l’a encouragée dans ses nombreuses vies.
Encensée par ses pairs elle défend et illustre la langue française.

Une femme libre dont la devise est « écrire comme personne avec les mots de tout le monde ».


Le Studio de RCF (Radio Chrétienne Francophone) et la crypte de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille

Le Studio de RCF (Radio Chrétienne Francophone) et la crypte de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille

Nous étions vingt ce jour-là pour participer à ces deux visites organisées par France et Cécile. Notre rendez-vous était fixé dans le hall de la Maison de l’Apostolat des Laïcs, le bâtiment où est logée la station de radio RCF (à côté de la cathédrale).
Deux groupes ont été formés. Un premier groupe est parti visiter la Crypte de Notre-Dame-dela-Treille et l’autre a commencé par découvrir la radio RCF.

RCF Radio Chrétienne Francophone.
Fondée en 1982 dans la région lyonnaise, RCF, à l’époque nommée « Témoins sur les Ondes », partage désormais le programme de 64 radios locales françaises et belges.
Depuis 1991, différents slogans se sont suivis. En 2015, RCF oriente sa ligne éditoriale autour de la joie. Partager la joie de s’ouvrir à l’autre, au monde, à Dieu pour devenir tous, acteurs de fraternité, et créateur de lien social.
Le slogan devient : « La joie se partage »
RCF Hauts de France est une radio créée à Lille en 2003. Soutenue par les trois évêques de Cambrai, Arras et Lille, elle devient ainsi la première radio interdiocésaine au sein du réseau RCF. Elle a obtenu sa première fréquence en 2005.

RCF Lille s’appuie aujourd’hui sur une équipe de 8 salariés : 1 Directeur, 4 journalistes (pilotés par un rédacteur), 1 animateur réalisateur en régie, 1 responsable de communication, 1 responsable chargé de la partie administrative et financière (gestion des dons) et environ une centaine de bénévoles.
Toutes les dimensions de la radio sont évoquées à travers 40 magazines régionaux : vie spirituelle, culture et société, psychologie, écologie et solidarité, et aussi des thèmes tels que la vie de famille, l’histoire ou les traditions locales.
A la différence des radios commerciales, La publicité est quasiment absente des ondes de RCF pour préserver l’indépendance de la radio et la qualité des programmes (pas plus de 20% de publicité).
Réseau de radios associatives, d’intérêt général, RCF vit essentiellement grâce au soutien de ses auditeurs et des dons des mécènes !
Écoutez RCF Hauts de France à LILLE : 97.1 La radio régionale qui informe et qui inspire.

Nos deux groupes se sont croisés. Les uns avaient fini la visite de la crypte et n’avaient
pas prévu de parapluies et les autres allaient la commencer, attendant « tout juste équipés » !

La crypte néogothique de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille

La crypte a été fermée pendant 25 ans, le temps d’achever la construction de la façade de la cathédrale commencés en 1997 mais aussi du fait du changement de certaines normes règlementaires d’accueil du public.
Le projet de rouvrir la Crypte est né il y a sept ans de l’impulsion de l’ancien recteur Arnaud Chillon et du Responsable de la culture Thomas Sanchez.
« Il fallait remettre aux normes la crypte, la revaloriser et mettre au point un éclairage de qualité », raconte notre guide Thomas Sanchez.

Notre-Dame-de-la-Treille, créée à l’origine par de riches industriels lillois, est propriété du Diocèse, et ne peut recevoir de fonds publics. Le financement des travaux repose donc sur les fonds privés des catholiques. Le chantier de rénovation finit par être lancé en 2019 grâce à l’archevêque de Lille, la Fondation Treille-Espérance, l’association des Amis de la Cathédrale, et aux donateurs privés.
Depuis avril 2022, la crypte néogothique est de nouveau habilitée à accueillir du monde.
Conçue pour être une église souterraine, la crypte fait la même taille que la cathédrale en surface. L’espace vouté est constitué de briques rouges et de pierres blanches.

A l’intérieur, on trouve un chœur où est installé l’ancien autel de la cathédrale, une chapelle, mais aussi une cinquantaine de cénotaphes. « Ils étaient achetés par de riches bourgeois qui inscrivaient le nom de leurs morts. Leur achat permettait d’avoir des fonds pour la construction. Une dizaine de tombeaux abritent deux anciens industriels lillois qui ont lancé la construction des lieux, ainsi que ceux d’anciens évêques » précise notre guide.
Au centre de la crypte sont exposés des archives de plans, des dessins, des photographies retraçant les grandes dates de la cathédrale.

A la fin de notre visite, en empruntant le passage vers la sortie, nous avons pu apercevoir une exposition qui se situe sous les marches de l’édifice dans la partie moderne. Elle traite de la Passion du Christ.

« Il y a de tout, comme du vitrail, de la sculpture et de la peinture ».

Puis ce fut l’heure du repas ! Nous nous sommes retrouvés dans un restaurant situé
face à la cathédrale, où nous avons apprécié la carbonade flamande et ses bonnes frites ainsi
qu’un succulent dessert ! Une nouvelle fois : que de bons moments passés ensemble !


FERNAND LEGER par Marie Castelain, historienne de l'Art

FERNAND LEGER par Marie Castelain, historienne de l'Art

Après Picasso, Braque et Miro, c’est sur Fernand Léger « peintre humaniste » que Marie Castelain a attiré notre regard en cette belle matinée d’automne chez Christine Astruc.

Fernand Léger naît à Argentan en 1881. Fils unique, il n’a que quatre ans  quand meurt son père. Sa mère douce et attentive souhaite lui donner le meilleur mais Fernand est un mauvais élève, un chahuteur plus enclin à caricaturer ses maîtres et ses amis qu’à étudier sérieusement. Avisée, sa mère le place comme apprenti chez un architecte. Vers 1900, Fernand Léger s’installe à Paris,  échoue au concours d’entrée à l’Ecole des Beaux Arts mais suit les cours de Jean-Léon Gérôme et enfin réussit le concours des Arts Décoratifs. C’est la promesse d’une autre vie.

            De ses premières œuvres il ne reste presque rien. L’artiste les a détruites les estimant sans doute trop sentimentales et ne correspondant pas à la modernité qu’il voulait interpréter. Citons néanmoins Le Jardin de ma mère (1905) ou Gamins au soleil (1907). Un séjour en Corse l’hiver 1907-1908 – en raison de sa santé fragile -  lui fait  découvrir la lumière du midi. Ses peintures changent radicalement. En témoigne « Le compotier », œuvre déjà déconstruite et « La couseuse » aux formes géométriques, aux traits durs et sans douceur de sa mère.

Sa production, à partir de ce moment, évoque des mannequins, des robots. L’Homme devient pour lui une sorte d’objet. Pour transcrire le dynamisme de son époque, il développe une peinture basée sur les contrastes de formes et de couleurs.   Ces années 1907-1914 sont décisives : installé à la Ruche dans l’effervescence artistique de Montparnasse, il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall, Blaise Cendrars … En 1913, le marchand Daniel-Henry Kahnweiler lui propose un contrat d’exclusivité.

            Son départ pour la guerre en août 1914 marque une rupture brutale. Au front, Léger dessine sur des supports de fortune, avant d’être hospitalisé – il a été gazé -  puis réformé en 1917.  L’expérience de la guerre et la rencontre avec des hommes très différents de ceux qu’il fréquente habituellement lui font découvrir une vraie fraternité humaine.  A son retour le thème de la ville et de la machine et des ses rouages  - qui tout à la fois entrainent et broient - devient prépondérant. Une peinture « tubiste » comme il la  nomme. Parmi ses tableaux les plus connus citons « Le mécanicien » (1918) conservé au Musée d’Art moderne de Villeneuve d’Ascq.

Dans les années 20, Fernand Léger  s’ouvre à d’autres champs de création : la littérature,  l’architecture avec Le Corbusier… Fasciné par le cinéma, Léger travaille avec les réalisateurs Abel Gance et Marcel L’Herbier. (ci-dessous : « La Lecture » 1924)

            Au début de la seconde guerre, l’artiste s’installe à New York, « le plus formidable spectacle du monde ». Sa technique évolue. Il invente le principe de la couleur en dehors, par lequel il dissocie couleurs et formes. La guerre finie,  Fernand Léger adhère au parti communiste français et rentre en France. Il se lance alors  dans de nombreux projets monumentaux, pour des commandes d’art sacré (chapelle d'Assy, église du Sacré-Cœur d’Audincourt…). Ses peintures comme « La Grande Parade » et « La Partie de campagne » (ci-dessous) évoquent le monde des loisirs et les progrès sociaux.

            Fernand Léger meurt le 17 août 1955 à Gif‑sur-Yvette. En 1960, Nadia Léger, sa veuve, et Georges Bauquier, son assistant, inaugurent le musée national Fernand Léger, sur le terrain acheté par l’artiste, juste avant sa mort, au pied du village de Biot.

            La collection présentée au Musée national Fernand Léger rassemble près de 350 œuvres de l’artiste.

Ecoutons ce magnifique message que l’artiste nous a livré :

« Le Beau est partout, dans l’ordre de vos casseroles, sur le mur blanc de votre cuisine, plus peut-être que dans votre salon XVIIIe ou dans les musées officiels. Il est partout autour de nous, il fourmille, mais « il faut le voir », l’isoler, l’encadrer par l’objectif. »


CONFERENCE SUR LA DANSE par Véronique Mattéoli

En ce jeudi 19 mai nous étions enfin réunis pour écouter cette Conférence de Véronique Mattéoli, deux fois annulée en 2021 en raison du Covid. Nous connaissons tous Véronique grâce à notre Lyceum National où elle joua des rôles importants entre autres comme Présidente.

Si Véronique n’est pas née avec de jolis chaussons Repetto noués à ses chevilles, elle fut immergée dans la danse dès sa naissance grâce à ses parents : sa mère, Françoise Adret, artiste chorégraphe de 1950 à 2000, professeur, directrice de compagnie, inspectrice de la Danse au MAC fit rayonner la danse dans le monde entier. Et son père, François Guillot de Rode, professeur de philosophie, journaliste, écrivain, diplomate qui, entre autres récits, écrivit sur la danse.

Depuis toujours, quelles que soient les civilisations, la danse, aussi bien sacrée que profane, a valeur de rituel. Par la danse, l’homme s’exprime dans l’espace et le temps.

A la fin du 19ème siècle au courant romantique succède l’école académique avec Marius Petipa qui compose des ballets qui font partie du répertoire classique (Le Lac des cygnes », « La Belle au bois dormant », « Casse-noisette » ... Inventeur du tutu, il imposera une danse virtuose et formelle, proche de la féérie pure.

Le XXème siècle va être un siècle de nouveautés avec l’évolution du ballet

classique, la naissance de la danse moderne et de la danse contemporaine.

Ce sont d’abord les Ballets russes de Serge de Diaghilev qui vont faire découvrir au public de nouvelles esthétiques : chorégraphiques, musicales, théâtrales. Issu du ballet impérial de Saint Pétersbourg, Diaghilev favorisera l’essor de talents originaux, notamment Nijinski qui sera à l’origine de deux des scandales les plus retentissants liés aux Ballets russes, avec ses chorégraphies de L'Après-midi d'un faune (1912) et Le Sacre duprintemps (1913). La compagnie des Ballets Russes – qui disparaitra en 1939 - créera une soixantaine d’œuvres où la tradition côtoie les plus audacieuses

innovations.

Serge Lifar et Tamara Toumanouva, 1930

Dernier des prestigieux danseurs formés par Diaghilev, Serge Lifar (né à Kiev en 1905- 1986) sera une figure emblématique du ballet classique du 20ème siècle. Il imposera le style néo-classique à l’Opéra de Paris où il sera nommé maître de ballet de 1930 à 1944 et de 1947 à 1958. Il s'employa à restaurer le niveau technique du Balles pour en faire, depuis les années 1930 et jusqu'à aujourd'hui, l'un des meilleurs du monde.

Durant sa conférence, Véronique évoqua également la personnalité de Maurice Béjart (1927- 2007) fondateur et directeur de la compagnie Ballet du xxe siècle créée en 1960 à Bruxelles. Il est considéré comme l'un des principaux et des plus novateurs chorégraphes de danse moderne qu’il a contribué à promouvoir en France et en Belgique dans les années 1970, notamment grâce aux générations de chorégraphes formées à l'École Mudra.

Véronique a fait danser bien d’autres noms sous nos yeux : le Marquis de Cuevas, Rudolf Noureev, Roland Petit, Zizi Jeanmaire, Pina Bausch, Merce Cunningham…. Un grand moment !

Louise Brabant