Tout ce que vous voulez savoir sur les réseaux sociaux

Conférence par Laurent AUBRY, informaticien membre du FabLab de Beaune

Présentation des différents réseaux existants :

- Snapchat : échanges de messages courts qui s‘autodétruisent, pas de partage;

- Instagram : partage de photos et vidéos;

- TikTok : partage de vidéos;

- Pinterest : partage de photos prises sur le web;

- Twitter : nouvelles rapides, politiques, commentaires d‘actualité, messages < à 140 caractères;

- Linkedin : mise en relation de professionnels;

- WhatsApp : messagerie pour créer des groupes de conversation;

- FaceBook : pour rester en contact en famille ou entre amis, partage de photos et messages.

Lexique :

- Mur : fil d‘actualités alimenté par l‘utilisateur;

- Hashtag : mot-clé;

- Like : le lecteur aime le commentaire;

- Publication : ce qui est mis en ligne, partagé aux amis ou plus largement;

- Tweet : message sur Twitter.

FACEBOOK est devenu Metaverse : un univers virtuel où on peut suivre des réunions à travers des lunettes spéciales (hologrammes).

A été créé en 2004 par Mark Zuckerberg (Harvard).

2,9 milliards de personnes se connectent une fois par mois dans le monde.

En Europe 308 millions par jour.

CA 2021 : 118 milliards de $.

Surtout utilisé par les 40-50 ans, en perte de vitesse actuellement car les plus jeunes préfèrent Instagram ou TikTok.

Un groupe FaceBook permet de partager des intérêts et activités communs, sur un sujet précis; l‘échange de messages se fera entre tous les membres très rapidement.

Le profil FaceBook est limité à 500 amis.

La page FaceBook est illimitée en nombre d‘amis, elle permet de visualiser les statistiques de visites de la page, on peut y filtrer les commentaires. Plusieurs personnes peuvent être administrateurs de la même page.

Sur son compte FaceBook, attention à la confidentialité et aux personnes qui peuvent voir les publications (ou „posts“), bien penser à mettre des limites.

FaceBook récupère les données personnelles pour cibler les pubicités proposées lors des connexions (algorithme).

A noter que le Lyceum Club a plusieurs pages FaceBook : une pour la FFLCI, et une pour chaque club. Des administratrices ont été formées pour animer ces pages, de façon à être visibles et lues par des personnes extérieures, pour se faire connaître et susciter des adhésions.

Conclusion : pour être „dans l‘air du temps“, l‘utilisation de FaceBook est quasiment incontournable, avec les précautions d‘usage.

                                                                                         Marie MAIRE


Un dimanche à la champignonnière

Nous avons eu le plaisir de nous retrouver pour une journée agréable à la campagne, à la découverte de la champignonnière de Corcelotte en Montagne, à côté de Sombernon.

Après le déjeuner ( à base de champignons évidemment), nous avons eu une présentation de la culture des champignons, puis du bâtiment qui abrite cette activité.

Les champignons et leur culture :

Les champignons constituent un règne à part, ils n‘ont pas de chlorophylle et ne font pas de photosynthèse. Il s‘agit du règne fongique, avec les levures et moisissures.

Ils sont apparus il y a 350 millions d‘années.

Ils prolifèrent au sol grâce au mycellium (filaments blancs) pendant la période d‘incubation qui se déroule dans l‘obscurité et la chaleur. Puis grâce aux spores (dans les lamelles des chapeaux), ils fructifient et se reproduisent (lumière et chaleur).

La champignonnière de Corcelotte produit des pleurotes (gris, jaunes et roses), des champignons de Paris (dits de Dijon), des shiitakés (lentin des chênes), et pholiotes du peuplier, dans 10 salles chaulées et non en galeries souterraines.

La culture se fait sur des blocs de substrat ; des blocs de paille d‘environ 15-20 kg, contenant le mycellium, enfermés dans du plastique épais noir, étanche, hors air et lumière. A réception ces blocs sont installés dans les salles voûtées aveugles. Des incisions sont pratiquées dans le plastique, par lesquelles sortiront les champignons.

Le bloc peut produire 3 pousses, et perd du poids au fur et à mesure. En fin de pousse, ils sont utilisés dans le potager comme terreau.

Entre 2 campagnes, les salles sont lavées, javellisées et laissées vides une semaine.

La production annuelle est d‘environ 11 tonnes (2021).

La récolte est quotidienne, voire 2 à 3 fois par jour pour les pleurotes.

Les champignons sont vendus au marché de Dijon, ou directement aux restaurateurs.

Le bâtiment :

L‘ensemble date de 1154-1200 : un neveu de Saint Bernard donne la seigneurie de Corcelotte à l‘abbaye bénédictine de Pralon. 3 à 4 bénédictines y vivront (sur la vingtaine résidant à Pralon) jusqu‘en 1622.

Le domaine comprenait 2 moulins, un  four à pain, une chapelle, un pigeonnier. On peut encore voir la chapelle du 13° siècle.

Après le départ des bénédictines, la maison seigneuriale est agrandie par un des propriétaires (Boillot seigneur de Corcelotte en 1688).

Le potager bénéficie d‘une source, et son tracé est dessiné sur le modèle du potager du Roi à Versailles (La Quintilie, terrasses et bassin circulaire, 1668-1700).

                                                                                           Marie MAIRE


Journée à Ornans

Nous étions 23 lycéennes ce lundi, prêtes à affronter la nature et la météorologie franc-comtoises, cette dernière très incertaine, la suite vous le prouvera.

Notre première visite fut le musée départemental Gustave Courbet, à Ornans (une page spéciale lui est dédiée en annexe).

Ensuite nous sommes allées à l‘atelier de Gustave Courbet, récemment réhabilité et ouvert au public depuis quelques semaines.

Il fit construire cet atelier en 1860 pour y réaliser ses grands formats.

A son décès en 1877 sa soeur Juliette y organisa un musée, puis l‘ensemble resta à l‘abandon, et après 3 ans de travaux le public peut y avoir accès.

Les murs et le plafond sont ornés de fresques peintes par G Courbet lui-même.

Après un repas typiquement franc-comtois, nous avons remonté le cours de la Loue, puis de son affluent le Lison.

Première étape : le sanctuaire Notre-Dame du Chêne. Cette chapelle inaugurée en 1869 a été érigée à l‘emplacement d‘un chêne d‘où des lumières auraient jailli en 1803. Une petite statue de la Vierge était cachée dans une cavité, l‘arbre en grandissant avait masqué cette statue. Ces faits furent authentifiés après enquête (1844). Le chêne lui-même a disparu.

Cette chapelle est un mélange de roman et de gothique, avec un bas-relief racontant l‘apparition de 1803. A l‘intérieur de nombreux ex-votos témoignent de la reconnaissance à la Vierge.

La petite statue est abritée dans une châsse en bois au-dessus du maître-autel.

Une douzaine de chapelains vivent sur place, et des pélerinages y ont lieu régulièrement.

Notre deuxième arrêt, à quelques kilomètres, nous permit d‘admirer le paysage peint par Courbet à de multiples reprises : le miroir de Scey dans un méandre de la Loue, surplombé des ruines du Castel Saint Denis.

Enfin, nous sommes arrivées aux sources du Lison, magnifique site bercé du bruit des cascades.

Une belle journée, ponctuée de quelques averses sans conséquences.

Annexe

MUSEE GUSTAVE COURBET – ORNANS

Cette visite débute notre journée sous le signe de G. Courbet.

Malheureusement, nous apprenons en arrivant qu‘un violent orage abattu la veille sur la commune d‘Ornans a ravagé les vitres du musée, notamment de la partie exposition temporaire, et qui est donc fermée au public (il s‘agissait de „Ceux de la terre, la figure du paysan, de Courbet à Van Gogh“). Dommage, nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur et redécouvrons avec plaisir ce beau musée, accompagnées par nos guides.

Gustave Courbet naît à Ornans dans le Doubs en 1819. Il a 3 soeurs, et son père est un riche propriétaire terrien. Il passe son enfance dans un milieu de chasseurs et de pêcheurs, dans cette nature franc-comtoise qui le marquera pour toute sa vie.

Il étudie les Beaux-Arts à Besançon avec un ancien élève de J.J. David. Il part ensuite à Paris étudier le droit, qu‘il délaisse dès 1840 pour la peinture (ateliers de Charles de Steuben et Nicolas-Auguste Hesse).

Une de ses oeuvres de cette période : le pont de Nahin 1837

En 1841 il découvre la Normandie et ses rivages. Ses débuts au Salon sont difficiles : en 1841, 1842 et 1843 ses oeuvres sont refusées. En 1844, 1845 et 1846 une seule toile est acceptée chaque année, les critiques sont mauvaises. Pendant ces années, il ne vend rien.

Il est „sauvé“ par la révolution de 1848, le Salon accepte plusieurs toiles et la critique le reconnaît.

Il fréquente C Baudelaire et H Berlioz.

Il rentre à Ornans en 1848 et y peint dans son style „réaliste“. Il adopte le grand format (plus de deux mètres) qui fera sa renommée à l‘avenir.

Dans les années 1850, il peint dans son atelier d‘Ornans les paysages dominés par la puissance de la nature, puis le fameux „Enterrement à Ornans“ (315 x 668 cm), où figurent notables et membres de sa famille.

Musée d'Orsay

Ce tableau provoque le scandale au Salon de 1850 (sujet de la vie quotidienne peint dans des dimensions réservées aux scènes religieuses ou mythologiques).

Aucune toile ne se vend cette année-là.

En 1852, il peint des nus, critiqué par Théophile Gauthier („monstrueuses trognes“). Eugène Delacroix le rejette également.

„Les Baigneuses“ 1853 Musée Fabre Montpellier

Enfin à partir de 1854, il pourra vivre de son art grâce à un mécène : Alfred Bruyas, collectionneur.

En 1860, il s‘installe dans son nouvel atelier à Ornans (que l‘on peut visiter depuis début 2022). Les peintures des corniches, et la décoration du plafond (hirondelles) sont de sa main (restaurées).

Il peint la nature franc-comtoise, aidé par un géologue pour les gorges de la Loue et du Lison.

Il réalise également des sculptures : le pêcheur de chavots, bronze, 1862, musée Courbet

Il choque le monde de l‘art avec l‘Origine du monde en 1866 (Musée d‘Orsay).

Il participe à la Commune et est emprisonné en 1871 en raison de la destruction de la colonne Vendôme.

Il revient ensuite à Ornans, et ses toiles sont très demandées, il peint avec l‘aide d‘assistants (Emile Isembert, Jean-Jean Cornu).

Il est condamné à reconstruire la colonne Vendôme à ses frais, ce qui le pousse à la ruine en 1873. Il part en exil en Suisse, où il continue de peindre et sculpter. Il y restera jusqu‘à sa mort en 1877.

         Le veau blanc 1873 Musée Courbet                             Château de Chillon 1874 Musée Courbet

Disparu sans descendance, sa soeur Juliette organise sa succession et transforme l‘atelier en premier musée Courbet.

En 2019 le musée organise une exposition temporaire : Yan Pei-Ming face à Courbet. Un portrait de Courbet par Pei-Ming est toujours en dépôt à Ornans.

                                                                 M Maire    27/06/2022

                                                          


Sortie à Paris

CATHEDRALE SAINT DENIS

HISTORIQUE

Cette église abbatiale s‘élève à l‘emplacement d‘un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de Saint Denis mort vers 250. Un mausolée aurait été élevé à cet endroit, que Sainte Geneviève aurait visité et transformé en chapelle gallo-romaine en 475.

L‘édifice fut agrandi progressivement, et Dagobert fut le premier roi à y être inhumé (636).

Elle devient nécropole royale sour le règne des Mérovingiens et des Carolingiens.

En 775 l‘église a son plan à 3 nefs, et fait 80 m de long sur 20 de large, avec une crypte.

L‘abbé Suger sera son principal rénovateur entre 1135 et 1144, pour mettre en valeur les reliques de Saint Denis. Il agrandit la vieille église carolingienne, ajoute les chapelles du choeur, la voûte est en croisée d‘ogives : début de l‘art gothique. A partir de Louis VI, les rois se rendent dans cette église pour lever l‘oriflamme avant de partir en croisade.

Par la suite, la nef est surélevée, les deux tours de la façade sont construites par Louis IX et sa mère Blanche de Castille. En 1267 le nouvel ensemble sépulcral est inauguré : lignage mérovingien et carolingien d‘une part, et capétien d‘autre part.

La révolution entraîne de profonds bouleversements : profanation des tombes de dizaines de rois, reines et princes, détérioration des gisants, pillage du trésor. Enfin Napoléon Ier en 1805  fait de l‘édifice le mémorial des 4 dynasties ayant régné. L‘ancienne abbaye qui la jouxte devient la maison d‘éducation de la Légion d‘Honneur.

Louis XVIII quant à lui fait ramener les restes éparpillés de ses prédécesseurs, et les regroupe dans la crypte, dans un ossuaire doté de plaques où sont inscrits les noms des personnages inhumés.

En 1966 la basilique devient cathédrale.

Cependant aujourd‘hui des infiltrations menacent les caveaux et monuments funéraires. La crypte des Bourbons est fermée et très détériorée.

DESCRIPTION RAPIDE

- Portail central roman (jugement dernier) restauré au XIX°.

- 108 mètres de long, 39 de large, 29 de haut.

- chevet légèrement surélevé.

- vitraux entièrement refaits au XIX° siècle.

- après 1285, tombeaux à effigies réalistes : Philippe III le Hardi et sa femme Isabelle d‘Aragon, Philippe VI de Valois et sa femme Blanche de Navarre, Charles V le sage et sa femme Jeanne de Bourbon, etc…

- Mausolées Renaissance : Louis XII et Anne de Bretagne, François Ier et Claude de France, Henri II et Catherine de Médicis, …

- tombeaux de la crypte royale : Louis XVI et Marie-Antoinette, Louis VII, Louis XVIII.

- et de nombreux tombeaux de princes et princesses de France, et de serviteurs de la monarchie comme Bertrand Duguesclin.

                                                                                                            Marie Maire

EXPOSITION PIONNIERES MUSEE DU LUXEMBOURG

Dans la période des années folles (1920-1927 environ), cette exposition met en avant le rôle des femmes dans le développement des mouvements artistiques de la modernité.

Ces femmes accèdent enfin aux grandes écoles d‘art réservées jusque là aux hommes, elles sont les premières à être reconnues comme artistes avec atelier et galerie.

Elles représentent des nus, et vivent leur sexualité au grand jour.

Citons : Tamara de Lempicka, Sonia Delaunay, Tarsila do Amaral, Chana Orloff, Romaine Brooks, Alice Halicka, …

Ainsi la garçonne est la figure iconique de cette période (cheveux courts, cigarette, robe géométrique), femme libérée qui gère des galeries ou maisons d‘édition, et s‘habille et se nomme comme elle l‘entend.

Leur vie et leur corps sont leurs outils d‘art et de travail.

Elles avaient été oubliées au cours de la crise économique et de la seconde guerre mondiale, et sont reconnues à leur juste titre par cette exposition.

Elles auront influencé des générations d‘artistes jusqu‘à nos jours.

                                                                                            31 mai 2022                    Marie Maire


Jean Dubois, sculpteur et architecte

Conférence d‘Agnès Botté, historienne de l‘architecture et guide du patrimoine

Jean Dubois (1625-1694) naît à Dijon (actuelle rue Berbisey) d‘un père menuisier.

Il sera le grand-père paternel d‘Alexis Piron.

En 1681 il déménage rue Saint Philibert (actuelle rue Condorcet) dans une proporiété jouxtant l‘Hospice Sainte Anne (actuel collège Marcelle Pardé), et disposant de cuverie, appentis, pressoir et jardin. Le tympan du porche est orné des attributs de la sculpture et de l‘architecture.

Le bâtiment côté cour est orné de reliefs : Minerve et des putti symbolisant l‘architecture et la sculpture.

Sa formation le mène à Rome et à Paris, mais il revient s‘établir à Dijon.

Sculpteur

Ses dessins sont conservés au Louvre et à l‘école des Beaux Arts de Paris.

Le Palais des Etats à Dijon est orné au 1er étage de cheminées à la gloire de Louis XIV, exécutées par J Dubois.

Il réalise également la statue funéraire de Claude Bouchu.

Architecte

Il est inspiré par son séjour en Italie.

Réalisations marquantes à Dijon :

- Hôtel Despringles rue Crébillon : il effectue des remaniements en 1670. A noter l‘escalier monumental qui mène au 1er étage (marches „autoportées“). La distribution des pièces est identique au rez de chaussée et au 1er étage, excepté le salon à l‘italienne, unique à Dijon avec ses deux niveaux de fenêtres, murs en faux marbre et peintures évoquant la musique.

La toiture de cet hôtel est de type Mansart, avec tuiles vernissées de couleur à l‘époque.

- Hôtel de Migieu 1680, place Bossuet.

Il exécute le dessin du portail.

- Hôtel Verchère rue Charrue (surélévation du 1er étage au XIX° siècle) : le pavillon de jardin est de Pierre Rigollet.

- Autres réalisations : plafond de l‘hôtel Legouz-Gerland, décors de l‘Hôtel de Vogüe, ..

  Il aura été un architecte avec un oeil de sculpteur, exploitant le rythme et les effets ombre-lumière.

                                                                                                                         M Maire


Histoire de la table

Conférence de Madame Jacqueline Queneau

 Histoire de la table - La gastronomie et les usages de la table du Moyen Âge à nos jours : Les tables royales et paysannes, le service à la française, à la russe, l’origine des épices, du café, thé chocolat… »

Jacqueline Queneau, sociologue, passionnée d'histoire, de musique et d'art plastique, apporte depuis de nombreuses années sa collaboration à différentes institutions culturelles. Elle participe à l'organisation de manifestations liées au patrimoine historique. En Bourgogne, dans le domaine du livre, cette Universitaire contribue activement à la mise en valeur du patrimoine écrit ancien, et à la découverte de certains auteurs dans le cadre du " Livre en scène ".

Jacqueline Queneau nous raconte aussi bien le rôle du maître de queue, officier de la maison du roi chargé du service de bouche, que l’apparition de la chaise, bien plus confortable que le banc, sous le règne de Henri III. Elle nous fait découvrir les premiers livres de cuisine du Moyen Âge, comme les secrets des célèbres cuisiniers, tel Antonin Carême. Elle analyse avec précision les usages que chaque époque édicta en revisitant leur apparition, leur utilité, les enrichissements et contraintes qu’ils apportèrent.


L'oeuvre de paix de Napoléon

par Alain PIGEARD, éminent historien du 1er Empire

Dès 1802, alors que la France connait enfin la paix, BONAPARTE entreprend une œuvre de réorganisation civile de la France et va mettre en place plus de 200 mesures administratives dont la plupart sont encore en vigueur aujourd’hui.  ’’J’ai été un chef de guerre mais je peux dire de manière certaine qu’il faut déployer plus de caractère en administration qu’à la guerre’’ écrivait-il.

Notre conférencier nous donna un aperçu des grandes réformes et des institutions que Napoléon BONAPARTE mis sur pied sous le Consulat et sous son Empire dans les domaines de l’administration, l’économie, l’enseignement, les finances, les grands travaux, la justice, la religion, la santé, la sécurité et la société.  En voici les grandes lignes.

ADMINISTRATION

  • Création du cadastre, base des impôts fonciers.
  • Création du Conseil d’État, qui prépare les textes de lois.
  • Réorganisation de l’administration forestière.
  • Création des préfets et des conseils de préfecture. Le préfet est l’œil du pouvoir.
  • Changement de la numérotation des rues de Paris, car l’existante avait fait de Paris un véritable dédale, avec des numéros atteignant souvent le millier.

ECONOMIE

  • Création d’abattoirs à l’extérieur de Paris (désormais interdits dans Paris intra-muros).
  • Création des Bourses de commerce dans les villes (celle de Dijon fut créée en 1801).
  • Les Directions des Contributions directes sont créées dans chaque département. 
  • Réorganisation des douanes.
  • Création des Expositions annuelles des produits de l’industrie française, dans la Cour Carrée du Louvre.
  • Création du Ministère des manufactures et du commerce.
  • Décret de création de la marque Savon de Marseille pour les savons qui y sont fabriqués avec 72% d’huile d’olive.
  • Le sucre de betterave remplace le sucre de canne.

ENSEIGNEMENT

  • Création de l’École normale de Paris.
  • Création des lycées (remplaçant les écoles centrales) : il y en a 45 en 1806 et 80 en 1809. L’entrée se fait à 11 ans en 6ème et s’achève en Terminale à 17 ans. Le lycée de Dijon est créé en 1803, dans l’ancien hospice Sainte-Anne (actuel collège Marcelle Pardé). L’emploi du temps est identique pour tous les établissements, les cours ont lieu aux mêmes heures. Enseignants et lycéens portent un uniforme.
  • Instauration du baccalauréat (9 reçus la première année).
  • Création des palmes académiques.
  • Création de l’Université impériale, dirigée par un Grand-Maître, assisté d’un Conseil. Elle est divisée en 27 académies (une par ressort de Cour d’appel).

FINANCES

  • Mise en place de la ’’comptabilité en partie double’’, dans laquelle recettes et dépenses doivent être équilibrées.
  • Création de la Cour des Comptes. Elle doit vérifier les comptes, sans se faire juge de la légalité des dépenses, mais peut saisir le ministre de la Justice.
  • Création de la Direction générale du Trésor au sein du Ministère des Finances, avec 4 payeurs généraux (Guerre, Marine, Dette publique, Dépenses diverses.)
  • Création du Franc germinal, unité monétaire fixée à 290 milligrammes 32 d’or fin. Une monnaie, la plus forte du monde, qui restera stable jusqu’en 1914.

GRANDS TRAVAUX

  • A Paris :  les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Etoile, la Colonne Vendôme, la Fontaine du Châtelet, le Jardin des plantes et le Museum d’Histoire naturelle et d’Ethnographie, le cimetière du Père-Lachaise, le Pont d’Austerlitz, le Pont d’Iéna, le percement de la Voie impériale, aujourd’hui rue de Rivoli (qui devait être ’’propice au décor des cortèges’’ avec son décor d’arcades extérieures).
  • A Versailles : restauration du Petit et du Grand Trianon.
  • A Lyon : restauration de la Place Louis-le-Grand (détruite sous la Convention), qui deviendra Place Bonaparte, puis Place Napoléon, et aujourd’hui Place Bellecour. 
  • En Vendée : création de la ville de Napoléon-Vendée (aujourd’hui La Roche-sur-Yon) prévue pour 15.000 habitants, pour être le siège administratif de la Vendée pacifiée.
  • Partout en France, ponts et routes sont construits ou réparés.

JUSTICE

  • Publication du Code Civil, dit Code Napoléon : 8 mois de travail de PORTALIS, MALEVILLE et BIGOT de PRÉAMENEU, 2281 articles. Il aura un rayonnement mondial et sera un modèle pour beaucoup de pays. A Sainte-Hélène, Napoléon écrit : ’’Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’et mon Code civil’’.
  • Publications de nombreux codes : code de procédure civile, code pénal, code d’instruction criminelle, code de commerce, code minier.
  • Création du Conseil des Prud’hommes, dont l’origine se trouve dans les revendications des soyeux de Lyon.
  • Réorganisation des professions des Cours de justice.

RELIGION

  • Signature du Concordat, qui reconnait la religion catholique, apostolique et romaine, comme la religion de la grande majorité des Français, et assure son libre exercice. Les évêques seront nommés par le pape, en accord avec le gouvernement français. Evêques et curés devront prêter serment au gouvernement qui les rétribuera.

SANTÉ

  • Réorganisation des professions de docteurs en médecine, de docteurs en chirurgie et d’officiers de santé, formés en 5 ans et présentant une thèse en latin ou en français. Création de 6 écoles de médecine. Formation en 2 ans des sages-femmes dans les hospices et 6 mois de stage avant examen.
  • Rédaction du Codex des pharmaciens par les professeurs des écoles de médecine et les membres des écoles de pharmacie, contenant les formules de préparations médicinales et pharmaceutiques.
  • Création à Paris d’un Hospice central de vaccination gratuite contre la petite vérole (variole).
  • L’arrêté qui détermine les diverses fonctions du préfet de police précise les mesures qu’il doit prendre en matière de salubrité, afin de prévenir ou arrêter les épidémies.
  • Création d’un Conseil général d’administration des hospices civils de Paris dont le préfet de la Seine est président.

SÉCURITÉ

  • Le Ministère de la Police générale est remanié à plusieurs reprises. Il exerce sa censure sur le théâtre, l’imprimerie, la librairie, la presse, les chansons.
  • Création du corps des sapeurs-pompiers de Paris (2 compagnies de 142 hommes).

SOCIÉTÉ

  • Formation d’une Légion d’honneur, composée de 15 cohortes regroupant ceux qui ont mérité une récompense militaire ou civile. Chaque cohorte reçoit un capital financier, un hospice et une ferme en dotation. La 6ème cohorte est celle de Dijon (Palais des États de Bourgogne) commandée par le maréchal DAVOUT. Les services de la Légion d’honneur sont installés dans l’hôtel des princes de SALM à Paris. Parmi les premiers décorés (1804), figure Jean-Roch COIGNET, d’Auxerre.  La Légion d’honneur fut accordée à 3 villes, toutes en Bourgogne : Tournus, Chalon-sur-Saône et Saint-Jean-de-Losne, qui se distinguèrent contre l’envahisseur autrichien en 1814.
  • Citoyenneté : les conditions pour obtenir la nationalité française sont modifiées.
  • Création de l’Institut d’Égypte. Son premier président fut le Beaunois Gaspard MONGE.
  • Amnistie des émigrés s’ils sont rentrés avant le 1er vendémiaire an XI (23.9.1802). Ceux de leurs biens appartenant à la Nation leur sont rendus.
  • L’esclavage des Noirs, rétabli sous le Consulat, est aboli par Napoléon en 1815. 
  • Les courses de chevaux sont organisées officiellement et deviennent un champ d’expérimentation des montures françaises.

Par cette conférence, M. Alain PIGEARD nous a montré ce qu’il appelle ’’le côté visionnaire de l’homme’’. Si vous désirez en savoir davantage sur Napoléon administrateur, vous pouvez lire l’ouvrage de notre historien dijonnais : L’œuvre de paix de Napoléon (1800-1815). 200 réalisations pour reconstruire la France, édité en 2014 aux Éditions de la Bisquine.

Françoise Villaume


“Le Bon, Le Téméraire, Le Chancelier – Quand Flamboyait la Toison d’Or”

HOSPICES DE BEAUNE

L’Hôtel-Dieu, véritable palais pour les pauvres construit par Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins, est le lieu dédié au chancelier autour d’un parcours à la mesure de cette personnalité politique hors du commun d’une des cours princières les plus fastueuses d’Europe.

Autour de l’extraordinaire Christ de Piété, le Piteux, descendu de sa console et visible pour la première fois de près, la Salle des Pôvres retrouve son aménagement du XVème siècle par les pièces exposées et celles suggérées. Autour du célèbre polyptyque du Jugement dernier de Rogier Van der Weyden, des trésors internationaux sont exposés pour la première fois à Beaune, dans une scénographie qui permet de créer des résonances nouvelles autant en peinture qu’en sculpture. On y découvre la place centrale de l’art dans le rayonnement de la cour de Bourgogne et comment celle-ci devint un foyer artistique sans égal.

Beaucoup de documents d’archives inédits reconstituent la carrière du chancelier Rolin et son rôle politique majeur auprès du Grand Duc Philippe le Bon, qui fit rayonner la Bourgogne à travers l’Europe entière.

PORTE MARIE DE BOURGOGNE

Tout comme les tapisseries réalisées pour la cour de Bourgogne, les manuscrits de la bibliothèque des Ducs nous informent sur l’imaginaire et les idéaux des princes à travers leurs lectures, comme l’histoire de Jason – héros païen, paradigme de courage et de vaillance, et chef des Argonautes, qui partit à la conquête de la Toison d’Or d’un bélier merveilleux gardé par un dragon, – et l’histoire de Gédéon, héros biblique et patron chrétien de l’Ordre. De toute évidence, en conférant aux chapitres de l’Ordre l’allure de véritables cérémonies d’apparat, celui-ci concourait à l’éclat et au faste de la cour de Bourgogne.

Porte Marie de Bourgogne, l’exposition explore aussi une date charnière dans l’histoire médiévale : 1453. Survenue peu après la fin du Grand Schisme et du rapprochement des Églises grecque et romaine, la prise de Constantinople par les Ottomans le 29 mai 1453 résonne en Occident comme une apocalypse. La catastrophe touche particulièrement Philippe le Bon, dont le père fut le captif de Bayezid 1er en 1396 après le désastre de Nicopolis. Dévot de la Terre Sainte, le Duc favorise tout au long de sa vie les relations avec l’Orient par de multiples pèlerinages, missions diplomatiques ou voyages d’exploration et de renseignement.

HÔTEL DES DUCS

Sa fille Marie, dont Beaune a déjà honoré la mémoire il y a 20 ans dans une grande exposition, est la garante de l’héritage de Bourgogne. En se mariant avec Maximilien de Habsbourg elle sauve le royaume de la Toison d’Or, et réalise le rêve d’Empire des Grands Ducs.

QUELQUES CHEFS-D’OEUVRE

LA TAPISSERIE : ENTRE ÉDIFICATION, OSTENTATION, PROPAGANDE ET LUXE

Au XVème, siècle Tournai est le centre d’un des arts les plus remarquables de la fin du Moyen Âge, la tapisserie, jusqu’à ce que Bruxelles lui ravisse la place au siècle suivant. Appel est fait aux meilleurs artistes pour des « patrons », projets-modèles de petit format transposés en « cartons » réalisés aux mêmes dimensions que la tapisserie. Des entrepreneurs-marchands exportent partout leur production. La cour de Bourgogne est un client important.

Ces œuvres gardent une stylistique gothique. Outre son utilisation religieuse (tentures de chœur), la tapisserie fait partie du cadre de vie, quotidien ou cérémoniaire. Elle peut aussi servir l’image du prince, racontant ses victoires et ses hauts faits d’armes.

Le métier à tisser se compose de deux cylindres pour tendre les fils de chaîne et permettre à l’artisan sa composition avec les fils de trame. Le carton est le dessin grandeur nature qui sert de modèle. On parle de basse lisse quand le plan de chaîne est horizontal et de haute lisse quand sa position est verticale. Les lisses placées au-dessus du lissier sont actionnées à la main, le carton est placé derrière le lissier. Les fonds sont faits de mille fleurs avant l’influence de la peinture qui amène perspective et couleurs. Des cycles historiques ou légendaires connaissent un succès : ici Adam et Eve, Caïn et Abel, l’ânesse de Balaam et bien sûr les célèbres tapisseries de la vie de la vierge de la Collégiale Notre-Dame de Beaune.

Statuette-reliquaire d’un évêque Mons, orfèvre Jacques de Stritem, vers 1467 à 1502 – Bruxelles,

L’ORFÈVRERIE À LA GLOIRE DE DIEU ET DU DUC

En ce XVème siècle bourguignon, si l’orfèvrerie religieuse reste majoritaire, l’orfèvrerie laïque de luxe brille aussi de tous ses feux.

En 1511, le métier d’orfèvrerie de Mons est dit « de bonne et grande importance ». Les orfèvres du chapitre de Sainte-Waudru sont déjà connus dès la fin du XIIIème siècle. On commence à trouver des poinçons corporatifs à Mons, à Namur… et des poinçons onomastiques, poinçons personnels de l’orfèvre avec l’initiale de son prénom. Pour l’offrir à Marguerite d’York, lors de sa Joyeuse entrée à Mons, Jehan Cattel exécute « une couppe d’or à piet […] où les armes de la ville de Mons sont tailliez et esmaillez ».

L’organisation en « métiers » garantit la qualité et la conformité du travail. Bruxelles, Anvers, Malines, Bruges, Gand, Courtrai, Breda, Tongres… sont des centres de production et les marques des villes s’affichent : l’aigle de Liège, l’étoile de Maastricht, le château de Mons, le lion de Namur surmonté du briquet de Bourgogne, la main couronnée d’Anvers. Le lion, qui marque les pièces de Bruxelles dès le XIVème siècle, est flanqué, vers 1480, d’un saint Michel, patron de la ville.

PHILIPPE LE BON, LE ROUGE ET L’ORDRE DE LA TOISON D’OR

Portrait de Philippe Le Bon
Première moitié XVIIème siècle. Huile sur toile
© Hospices Civils de Beaune / photo Francis Vauban

Le rouge est la couleur noble par excellence, depuis l’Antiquité romaine, celle du pouvoir et de la chevalerie. Déclinée en des tonalités denses et riches, les rouges les plus précieux, notamment les « vermeils teints en graine » sont difficiles à obtenir et surtout très coûteux car réalisés à partir de grandes quantités de carapaces de minuscules insectes, la cochenille du chêne Kermès (que l’on prenait pour une graine). Le rouge était l’une des couleurs privilégiées du duc Philippe le Hardi, modèle de chevalier, qui avait gagné son surnom en défendant son père à la bataille de Poitiers. En 1430, son petit-fils le duc Philippe le Bon choisit cette couleur pour revêtir les chevaliers de son Ordre de la Toison d’Or. Son successeur Charles le Téméraire portera volontiers cette couleur dans ses vêtements quotidiens et d’apparat.

Si, à l’aube de l’année 1430, le duc de Bourgogne cherchait à frapper un « grand coup » en marquant les esprits par l’annonce de la création d’un nouvel ordre de chevalerie, pouvait-il deviner que la Toison d’Or continuerait, six siècles plus tard, de briller au firmament des distinctions encore attribuées à la fois par la Maison royale d’Espagne et celle de Habsbourg ?

Marie Maire