Exposition Francis Chigot : Un monde de lumières

La ville de Limoges , «  ville des arts et du feu », souligne l’importance de l’œuvre de Francis Chigot , célèbre maître verrier limougeaud du XX ième siècle,et met en valeur les vitraux produits par l’artiste grâce à une mise en scène particulièrement réussie    

Francis Chigot est né à Limoges en 1879 et il y meurt en 1960. Premier prix de l’école des Arts Décoratifs de Limoges , il installe en 1907 son atelier de peinture sur verre en plein centre ville. Pour se faire connaître il participe à de nombreux salons à Paris où son travail qui va du paysage chatoyant de style Art nouveau aux lignes graphiques Art Déco , le fait remarquer.

"l'émailleuse" est la première oeuvre présentée à Paris

Son succès fut autant national , avec la réalisation de vitraux pour de nombreux  édifices religieux : Églises des Saints Anges et Saint Paul -Saint louis  et des édifices civils avec les magnifiques verrières de la gare de Limoges ou des clients privés, qu’international avec de grands chantiers au Canada,Etats-Unis, Haïti ou encore Algérie.

Après la guerre ,on observe une forte demande liée aux besoins de la reconstruction et à l’explosion des villes d’Eaux

Une sélection de quarante vitraux et d’une centaine de documents( maquettes, cartons, esquisses) retracent cinquante trois années d’activité de l’artiste et de son atelier.A travers son œuvre , on peut observer  les différentes tendances artistiques du 20ième siècle.

Les œuvres exposées permettent de montrer la diversité des créations et le talent de Francis Chigot qui, à la manière d’un peintre utilise  « le plomb comme pinceau et le verre comme palette. »

Deux groupes de lycéennes ont effectué la visite de cette magnifique exposition , guidées par Martine Tandeau de Marsac , petite fille de Francis Chigot .


Le Masque de Fer était-il Limousin

Une nombreuse assistance s'est réunie à la salle Simone Veil ce 17 novembre 2022 , curieuse de connaître la réponse à cette étonnante question :

"Le Masque de fer était-il Limousin ?" posée par le Professeur Lionel de Lumley .

 

Résumé par Soizick de Lumley:

L'homme au masque de fer est une des grandes énigmes de l'Histoire de France. Il est certain que sous le règne de Louis XIV un prisonnier inconnu et masqué a été emprisonné  successivement à Pignerol, à Exilles, sur l'île Sainte-Marguerite et enfin à la Bastille.

En quatre siècles, aucun historien n’a réussi à identifier avec certitude le personnage dissimulé derrière cette appellation. Qui était l’homme au masque de fer ? Pourquoi a-t-il été incarcéré ?  Le mystère reste entier. On a pris pour le garder des précautions extraordinaires. À Pignerol et jusqu’à son transfert à Exilles, il n’est pas fait mention du port d’un masque. Il semble plus probablement avoir porté un masque de velours lors des transferts notamment entre Sainte Marguerite et la Bastille, pour éviter d’être identifié. Après Louis XIV, Louvois et son fils Barbezieux, le secret de l’identité de l’homme masqué a été confié au Régent, qui l'aurait transmis à Louis XV.

Certains auteurs limousins qui ne sont jamais à la traine pour placer leur province au centre de l’ « Histoire » ont imaginé que l’homme masqué était originaire de Saint Yrieix. Leur  récit pourtant  habile ne résiste pas à l’analyse des faits (1)

 L’hypothèse la plus majoritairement admise est celle avancée par Jean-Christian Petitfils. Eustache Danger, valet d’Henriette d’Angleterre, aurait pu être mis à l’isolement absolu pour éviter la diffusion d’un lourd secret d’Etat (2).

L’hypothèse d’un fils métis, non légitimé de Louis XIV, enfermé pour des raisons dynastiques, parait suffisamment documentée pour certains. Elle justifierait l’acharnement de Saint Mars à affirmer jusqu’au bout l’importance du personnage (3)

Références :
1-VERNADEAU Pierre. Le médecin de la Reyne, ed : Denoël et Steele, Paris, 1934.
2-PETITFILS Jean-Christian, le masque de fer entre Histoire et Légende, Paris, Perrin, 2003; coll. "Tempus", 2004, nouvelle édition ré-augmentée, 2011.
3-AROLES Serge : Archives secrètes du Vatican et archives de douze pays, ed : L’Harmattan, 2021, pp140,

Un très sympathique buffet a clôturé cette passionnante conférence et a permis à tout à chacun de prolonger ce bon moment par des échanges amicaux .


Une journée en Creuse

ESCAPADE DANS LA VALLEE DES PEINTRES

OU

LA NATURE MAGNIFIEE

Par une météo incertaine, une petite dizaine de lycéennes à l’âme bucolique se sont retrouvées vers 10 heures à l’arboretum de la Sédelle de Villejoint-Crozant, à l’occasion des journées des plantes .

Après une heure à flâner entre les stands à la découverte de végétaux, rares en jardineries, les coffres et les sièges « arrière » des voitures se sont remplis de trésors .

 A 11 heures, la cloche a sonné annonçant le départ de la visite guidée du site.

Quelle meilleure saison que l’automne pour visiter cet arboretum conservatoire d’érables ! alors que les arbres offrent leurs livrées lumineuses et flamboyantes. Dans ce vallon tout en descente chênes, érables, charmilles créent des espaces aux ambiances différentes qui se succèdent et s’achèvent sur les rives de La Sédelle, rivière  typiquement limousine courant sur des chaos de granit roulés par d’anciens glaciers dans son lit.

Cette visite botanique commentée par un jeune guide passionnant et passionné nous a permis  de connaître ou de revoir les gestes nécessaires à la conservation des biotopes, loin de nos habitudes de jardinières citadines.

Que de beautés à découvrir au cours de cette promenade : sans cesse le regard plonge vers des perspectives magnifiques. Nous avons dû renoncer à arpenter la lande car une remontée ardue et d’autres surprises nous attendaient !

Après un déjeuner fort généreux et sympathique chez « les artistes du confluent » à Fresselines, prolongeant notre journée consacrée à la nature, nous nous sommes rendues à l’espace Monet Rollinat (EMR) pour voir l’exposition temporaire consacrée au dernier peintre paysagiste de l’école de Crozant : Gaston Thiery,méconnu de la plupart d’entre nous .

Diplômé de l’école des Beaux Arts de Lille, fuyant la guerre, il quitte en 1940 le Nord pour se réfugier à 18 ans à Fresselines. Il y restera toute sa vie !
       Il y fait la connaissance de Léon Detroy qui décèle ses qualités artistiques et l’encourage à poursuivre ses travaux. Gaston Thiery, amoureux fou de la nature exalte dans son oeuvre les paysages creusois sauvages ou romantiques, avec des palettes riches et variées pour évoquer chaque saison. 
          A partir de 1965 il crée des cartons de tapisserie pour la manufacture Andraud. Outre des sujets classiques, il réalise des modèles floraux plein de charme, de poésie et de sérénité .

    Les yeux tout  émerveillés, nous sommes reparties enchantées et enrichies par tant de découverte au cours de cette journée où la pluie, contre toute attente, nous a épargnées !!

texte : Annie Foussat

photos : Annie Foussat ; Anne Marie Dumas


Journée Interclubs – jeudi 6 octobre 2022- Valençay ou l’art de vivre à la Française

C’est avec un grand plaisir que certaines d’entre nous ont retrouvé des amies lycéennes du club d’Orléans et que les autres ont fait connaissance avec ce club dynamique .Anne- Marie a accueilli avec un  plaisir  non dissimulé cette importante délégation d’Orléans dans un établissement hôtelier de Valençay dans lequel nous avons écouté Monsieur Martinet , ancien Président de l’association des Amis de Talleyrand nous conter avec moult détails la vie de cette personnalité hors du commun, figure à la fois décriée et admirée, cependant mal connue et qui fut l’un des plus illustres diplomates que la France ait connu.L’association des Amis de Talleyrand , crée en 1998 est une association internationale qui compte 180 membres , intéressés par l’histoire et qui a pour but de perpétuer et défendre le souvenir de Charles Maurice de Talleyrand Périgord. La Conférence très détaillée et riche de nombreux détails de la vie de cet illustre personnage sera présentée en 2 parties et nous permettra de profiter d’un bon déjeuner, pendant lequel les 2 clubs ont veillé à bien mélanger les convives, afin de mieux faire connaissance. Nous aurons ensuite le plaisir d’écouter notre historien dans le magnifique théâtre du château.

Première conférence 

 L’enfance de Talleyrand , né en 1754 à paris , 2ième de 5 enfants, il est destiné par sa famille à succéder à son oncle Archevèque de Reims ,et elle va d’abord faire de lui un homme d’église, et il dira «  On me force à devenir ecclésiastique, on s’en repentira »

en 1774 , il reçoit les ordres mineurs et présente sa thèse de théologie en Sorbonne

en 1779 , il est ordonné prêtre, ce qui lui permet de dire : « Ils veulent faire de moi un Prêtre , ils vont faire de moi un Affreux »

en 1788 , il est nommé Evêque d’Autun où il n’habitera jamais

Il quitte la prêtrise et mène une vie laïque sous la Révolution

Deuxième conférence

1789 : il prend le parti de la Révolution , il propose la nationalisation des biens de l’église et les met en vente, ce qui lui valut d’être surnommé:"le diable boiteux" ou" monstre mitré"

1790 : il prête serment à la Constitution civile du clergé

Talleyrand traversera et oeuvrera  grâce à sa remarquable intelligence sous  l’Ancien régime, la Révolution, le Consulat, l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet, sans trop d’encombre. Ministre des Relations Extérieures, Grand Chambellan,il connaîtra 13 gouvernements et signera 110 traités .

Il fut durant son exceptionnelle carrière, un homme d’action, défenseur des libertés. Sa remarquable intelligence, alliée à une réelle réflexion politique, fit de lui un diplomate d'envergure, capable d'anticiper avec un discernement inégalé certains des grands bouleversements politiques qu'allait connaitre l'Europe au XIXe siècle.Visionnaire, il écrit sur la laïcité,  précurseur du système métrique et de la mixité, il défend l’égalité scolaire entre les sexes . Il laisse à la postérité le soin de démêler les fils de sa personnalité complexe 

"Je veux que pendant des siècles on continue à discuter sur ce que j’ai été , ce que j’ai pensé , ce que j’ai voulu"

 Le château de Valençay

A la suite de cette belle leçon d’histoire, nous allons visiter le château , ses nombreuses pièces et salons , magnifiquement meublées , en commençant par la galerie à arcades de la cour d’honneur où figurent les  tableaux des nombreux ancêtres , riches et célèbres de Talleyrand.Talleyrand y repose dans une crypte qu’il a fait creuser au sein du château

Bien que situé dans l’Indre s’apparente par sa construction aux châteaux de la Loire , le château de Chambord , par exemple.Les propriétaires successifs , la Maison d’Estampes et les Villemorien , en particulier ,ont au fil des générations , transformé par d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement le manoir féodal datant du XII ème siècle en château de plaisance de style Renaissance. Il a été vendu en 1803 à Charles -Maurice de Talleyrand -Périgord, alors ministre des relations extérieures du Consulat, obéissant ainsi à  Bonaparte ,suivant cet ordre :

 « je veux que vous ayez une belle terre , que vous y receviez brillamment le corps diplomatique, les étrangers importants ».

Les divers salons et chambres à coucher (100 pièces et 25 appartements de maître) abritent un somptueux mobilier principalement d’époque Empire.Entre 1808 et 1811 un théâtre à l’italienne de 200 places décoré « à l’antique » fut aménagé dans les communs afin de divertir les Princes d’Espagne , Princes déchus et assignés à résidence à Valençay, Cage dorée , dont le souvenir est évoqué par la chambre du Roi d’Espagne.La superficie du parc est d’une quarantaine d’hectares. Le jardin à la Française date de 1906 , une partie des terres a été transformé en parc animalier.

Brigitte MARTIN


SHACKELTON et l'Odysée de l'Endurance

L’Odyssée de l’Endurance

 

CONFERENCE D'OLIVIER MIGNON

guide conférencier et auteur

 
Pour sa troisième conférence au Lyceum club du Limousin, Olivier  Mignon a fait salle comble pour l’écouter nous faire vivre avec son talent bien connu de conteur la passionnante odyssée de Sir Ernest Shackleton à bord de l’Endurance.
                                              
Trois ans après la conquête le 14 décembre 1911 du Pole Sud par le norvégien Roald Amundsen, l’explorateur irlandais Ernest Shackleton quitte l’Angleterre à bord de l’Endurance avec comme objectif la  traversée de l’Antarctique depuis la mer de Weddell dans l’Océan Atlantique, jusqu’à la mer de Ross dans le Pacifique en passant par le pole. C’est un explorateur aguerri aux explorations polaires. En 1912, il avait précédemment participé avec le capitaine Edward Wilson aux expéditions Nimrod et Discovery conduites par Robert Falcon Scott. C’est lors de l’expédition Terra Nova qui avait atteint le Pole Sud 4 semaines après l’expédition norvégienne que Scott et ses compagnons moururent de froid sur la route du retour. En aout 1914, la grande guerre éclate, mais Shackleton se lance dans une toute autre bataille  dont il ne sortira pas vainqueur mais il en fera une victoire : la plus stupéfiante épopée de toute l’histoire de l’exploration polaire.
Il prépare soigneusement un des meilleurs navires de l’époque l’Endurance dont la coque n’avait pas la forme arrondie des actuels navires polaires. Il était accompagné de 28 membres d’équipage soigneusement sélectionnés pour leurs diverses compétences sélectionnés à partir de l’annonce suivante : « recherche hommes pour voyage périlleux. Petits gages. Froid rigoureux. Longs mois de totale obscurité. Dangers permanents. Retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès ».
Le capitaine F Wosley et des marins expérimentés mais aussi des équipiers de compétences diverses allant du charpentier au cuisinier, en passant par un photographe australien Frank Hurley, en font partie.  Toute une meute de chiens de traineaux et des vivres abondants pour réaliser son objectif était d’être le premier à traverser l’Antarctique en traineaux à chiens. En janvier 1915, leur navire se trouve prisonnier des glaces en mer de Weddell. Quelques mois plus tard, devant le risque d’écrasement de leur bateau dans les glaces, Shackleton et ses hommes évacuent le navire et se retrouvent sur la glace par moins 45 degrés dans une des régions les plus inhospitalières du monde.  L’Endurance finira par être broyé par la banquise. Après de multiples mois pour survivre sur la banquise dans des igloos et en se nourrissant de phoques et de manchots cuits sur un fourneau alimenté par la graisse de phoque, ils finissent  par tirer les chaloupes à dos d’hommes vers l’océan tumultueux et prendre la mer. 
                                               
Ils doivent affronter sur de simples chaloupes, les creux immenses, les vagues scélérates et les vents tempétueux brulés par la soif et les embruns glacés. Une partie de l’équipage restera sur l’ile éléphantine. Shackleton et quelques hommes reprirent la mer sur une chaloupe recouverte et après 1500 Kms de navigation au travers des « 60emes mugissants », ils atteignent enfin leur terre promise la Géorgie du Sud, mais sur le coté opposé à la station baleinière. Ils doivent encore escalader des à-pics, dévaler les glaciers et les champs de neige entre les précipices avant d’arriver enfin, auprès d’hommes pouvant leur apporter secours.
 Au terme d’une série d’exploits inimaginables et illustrés par les photographies de F Hurley, les 28 membres de l’expédition, menés par un chef à la volonté inébranlable et aux qualités humaines et d’intelligence exceptionnelles, vont tous rentrer sains et saufs en Angleterre. Le sauvetage de l’Expédition Endurance reste à ce jour la plus incroyable histoire de survie pendant 22 mois en milieu polaire loin de toute civilisation. La découverte très récente de la carcasse broyée de l’Endurance, suite à la fonte des glaces a remis en lumière cet exploit.
 
                                                                                                Dominique Bordessoule

un après midi de rentrée

Mardi 28 septembre : nos retrouvailles ….

....le long de la Vienne

25 lycéennes se retrouvaient place de la Félicité près du pont Saint Martial pour découvrir le quartier des Ponticauds ( terme du XIX ème siècle désignant les habitants de ce quartier ) .

Nous sommes parties du pont Saint Martial reconstruit en 1215 après la destruction d’un premier pont par Henri Plantagenêt pour punir Limoges d’avoir accueilli son fils rebelle . Les arches de forme ogivale sont soutenues par des piles importantes renforcées par des « avant-bec »  pour protéger le pont du courant . Quelques très anciennes maisons à pans de bois surmontées de séchoirs à tissus témoignent de l’architecture et de l’activité économique de la ville .

Le pont Saint Etienne construit en 1203 était protégé par une herse pour assurer le paiement de l’octroi . De petits médaillons dans l’avant-bec rappellent les hôtes illustres passés par limoges : Rabelais qui traitait les Limousins de «  mangerave », Molière qui fut mal reçu, La Fontaine, madame Fouquet hébergée après l’arrestation de son mari, dans les cellules de la Règle et enfin Balzac .

Sur les rives, on découvre des seuils pour calmer les eaux vives et faire entrer l’eau dans les moulins et des séchoirs à kaolin , une maison au riche passé industriel et social .

A l’entrée du pont Neuf, on découvre une échelle à niveau qui témoigne des crues de la Vienne . Enfin le pont Louis-Philippe a été rebaptisé pont Neuf par François Alluaud  après la révolution de 1848 . Le bois qui flottait sur la Vienne était stocké au port du Naveix . Il servait à l’alimentation des fours à bois pour la cuisson de la porcelaine .

Ultime étape, la pause Saint Jacques sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle où nous avons apprécié crêpes et jus de pomme

Sophie MARIAUX- Monique LEBOEUF