FERNAND LEGER par Marie Castelain, historienne de l'Art

Après Picasso, Braque et Miro, c’est sur Fernand Léger « peintre humaniste » que Marie Castelain a attiré notre regard en cette belle matinée d’automne chez Christine Astruc.

Fernand Léger naît à Argentan en 1881. Fils unique, il n’a que quatre ans  quand meurt son père. Sa mère douce et attentive souhaite lui donner le meilleur mais Fernand est un mauvais élève, un chahuteur plus enclin à caricaturer ses maîtres et ses amis qu’à étudier sérieusement. Avisée, sa mère le place comme apprenti chez un architecte. Vers 1900, Fernand Léger s’installe à Paris,  échoue au concours d’entrée à l’Ecole des Beaux Arts mais suit les cours de Jean-Léon Gérôme et enfin réussit le concours des Arts Décoratifs. C’est la promesse d’une autre vie.

            De ses premières œuvres il ne reste presque rien. L’artiste les a détruites les estimant sans doute trop sentimentales et ne correspondant pas à la modernité qu’il voulait interpréter. Citons néanmoins Le Jardin de ma mère (1905) ou Gamins au soleil (1907). Un séjour en Corse l’hiver 1907-1908 – en raison de sa santé fragile -  lui fait  découvrir la lumière du midi. Ses peintures changent radicalement. En témoigne « Le compotier », œuvre déjà déconstruite et « La couseuse » aux formes géométriques, aux traits durs et sans douceur de sa mère.

Sa production, à partir de ce moment, évoque des mannequins, des robots. L’Homme devient pour lui une sorte d’objet. Pour transcrire le dynamisme de son époque, il développe une peinture basée sur les contrastes de formes et de couleurs.   Ces années 1907-1914 sont décisives : installé à la Ruche dans l’effervescence artistique de Montparnasse, il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall, Blaise Cendrars … En 1913, le marchand Daniel-Henry Kahnweiler lui propose un contrat d’exclusivité.

            Son départ pour la guerre en août 1914 marque une rupture brutale. Au front, Léger dessine sur des supports de fortune, avant d’être hospitalisé – il a été gazé -  puis réformé en 1917.  L’expérience de la guerre et la rencontre avec des hommes très différents de ceux qu’il fréquente habituellement lui font découvrir une vraie fraternité humaine.  A son retour le thème de la ville et de la machine et des ses rouages  - qui tout à la fois entrainent et broient - devient prépondérant. Une peinture « tubiste » comme il la  nomme. Parmi ses tableaux les plus connus citons « Le mécanicien » (1918) conservé au Musée d’Art moderne de Villeneuve d’Ascq.

Dans les années 20, Fernand Léger  s’ouvre à d’autres champs de création : la littérature,  l’architecture avec Le Corbusier… Fasciné par le cinéma, Léger travaille avec les réalisateurs Abel Gance et Marcel L’Herbier. (ci-dessous : « La Lecture » 1924)

            Au début de la seconde guerre, l’artiste s’installe à New York, « le plus formidable spectacle du monde ». Sa technique évolue. Il invente le principe de la couleur en dehors, par lequel il dissocie couleurs et formes. La guerre finie,  Fernand Léger adhère au parti communiste français et rentre en France. Il se lance alors  dans de nombreux projets monumentaux, pour des commandes d’art sacré (chapelle d'Assy, église du Sacré-Cœur d’Audincourt…). Ses peintures comme « La Grande Parade » et « La Partie de campagne » (ci-dessous) évoquent le monde des loisirs et les progrès sociaux.

            Fernand Léger meurt le 17 août 1955 à Gif‑sur-Yvette. En 1960, Nadia Léger, sa veuve, et Georges Bauquier, son assistant, inaugurent le musée national Fernand Léger, sur le terrain acheté par l’artiste, juste avant sa mort, au pied du village de Biot.

            La collection présentée au Musée national Fernand Léger rassemble près de 350 œuvres de l’artiste.

Ecoutons ce magnifique message que l’artiste nous a livré :

« Le Beau est partout, dans l’ordre de vos casseroles, sur le mur blanc de votre cuisine, plus peut-être que dans votre salon XVIIIe ou dans les musées officiels. Il est partout autour de nous, il fourmille, mais « il faut le voir », l’isoler, l’encadrer par l’objectif. »

Marie-Laure Cortot


GAZETTE N° 13

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Une journée au Touquet

A l’initiative de Véronique et Bénédicte, une vingtaine de Lycéennes se sont retrouvées au Touquet pour une journée culturelle et festive. Celle-ci a commencé par la visite du cimetière britannique d’Etaples sur Mer.             

Entre 1915 et 1919, l’Etat-Major britannique installe ses infrastructures à l’arrière du Front, le long des côtes françaises à Etaples.  Un gigantesque camp militaire et hospitalier y est installé à Etaples-sur-mer, dont l’empreinte aujourd’hui reste uniquement visible par la présence du cimetière militaire, le plus grand des forces du Commonwealth en France.

Ce camp a nécessité le déploiement de nombreuses infrastructures pour pourvoir aux besoins de milliers de soldats en transit, des blessés et du personnel du camp. Plus d'un million de soldats transiteront  par le camp durant le conflit ! Le monument commémoratif est dû à l’architecte  Sir Edwin Lutyens.

            10729 sépultures de soldats de l’Empire britannique, qui surplombent la Canche…

            La journée s’est poursuivie par une présentation de la station du Touquet, l’architecture en cœur de ville et la découverte de l’Hôtel de Ville.

En 1837, le domaine du Touquet (qui signifie le tournant en picard) est un désert rattaché administrativement à la ville voisine de Cucq, composé de 1600 hectares de dunes. C’est un notaire parisien, Alphonse Daloz qui en devient l’heureux propriétaire.

En 1855, il plante la forêt, et en 1874 il décide d’y créer une station balnéaire pour faire venir les parisiens en villégiature : le nom était tout trouvé, ce sera Paris-Plage, station qu’il inaugure en 1882.

           

20 ans plus tard, c’est John Whitley qui va donner l’essor touristique de la station en y créant des casinos (les jeux d’argent étaient interdits en Angleterre), des hôtels de luxe, et des infrastructures sportives (comme le golf, les tennis ou le champ de courses).

Le 28 mars 1912, Paris-Plage, toujours sur le domaine du Touquet, prend son indépendance de la ville de Cucq, et devient officiellement la commune du Touquet-Paris-Plage !

Différents monuments retiennent l’attention : bien sûr le très éclectique Hôtel de Ville, construit en 1931 par Pierre Drobecq et Louis Debrouwer où se côtoient différents styles : régional, normand, anglais gothique, flamand. Mais aussi l’église fortement bombardée pendant la première guerre et qui abrite des vitraux de Jacques Le Chevalier représentant la vie de Jeanne d’Arc. Il faudrait également citer le Castel, la villa Tata Ice, le Marché couvert, la villa Henri Valette…..

            Pour celles qui n’auraient pu venir, une visite s’impose !

            En fin d’après-midi Véronique a accueilli les Lycéennes et leurs invités dans son jardin pour se désaltérer et poursuivre les échanges. Nos deux organisatrices ont remercié celles qui se sont déplacées et promettent une prochaine sortie sur la Côte.


CONFERENCE SUR LA DANSE par Véronique Mattéoli

En ce jeudi 19 mai nous étions enfin réunis pour écouter cette Conférence de Véronique Mattéoli, deux fois annulée en 2021 en raison du Covid. Nous connaissons tous Véronique grâce à notre Lyceum National où elle joua des rôles importants entre autres comme Présidente.

Si Véronique n’est pas née avec de jolis chaussons Repetto noués à ses chevilles, elle fut immergée dans la danse dès sa naissance grâce à ses parents : sa mère, Françoise Adret, artiste chorégraphe de 1950 à 2000, professeur, directrice de compagnie, inspectrice de la Danse au MAC fit rayonner la danse dans le monde entier. Et son père, François Guillot de Rode, professeur de philosophie, journaliste, écrivain, diplomate qui, entre autres récits, écrivit sur la danse.

Depuis toujours, quelles que soient les civilisations, la danse, aussi bien sacrée que profane, a valeur de rituel. Par la danse, l’homme s’exprime dans l’espace et le temps.

A la fin du 19ème siècle au courant romantique succède l’école académique avec Marius Petipa qui compose des ballets qui font partie du répertoire classique (Le Lac des cygnes », « La Belle au bois dormant », « Casse-noisette » ... Inventeur du tutu, il imposera une danse virtuose et formelle, proche de la féérie pure.

Le XXème siècle va être un siècle de nouveautés avec l’évolution du ballet

classique, la naissance de la danse moderne et de la danse contemporaine.

Ce sont d’abord les Ballets russes de Serge de Diaghilev qui vont faire découvrir au public de nouvelles esthétiques : chorégraphiques, musicales, théâtrales. Issu du ballet impérial de Saint Pétersbourg, Diaghilev favorisera l’essor de talents originaux, notamment Nijinski qui sera à l’origine de deux des scandales les plus retentissants liés aux Ballets russes, avec ses chorégraphies de L'Après-midi d'un faune (1912) et Le Sacre duprintemps (1913). La compagnie des Ballets Russes – qui disparaitra en 1939 - créera une soixantaine d’œuvres où la tradition côtoie les plus audacieuses

innovations.

Serge Lifar et Tamara Toumanouva, 1930

Dernier des prestigieux danseurs formés par Diaghilev, Serge Lifar (né à Kiev en 1905- 1986) sera une figure emblématique du ballet classique du 20ème siècle. Il imposera le style néo-classique à l’Opéra de Paris où il sera nommé maître de ballet de 1930 à 1944 et de 1947 à 1958. Il s'employa à restaurer le niveau technique du Balles pour en faire, depuis les années 1930 et jusqu'à aujourd'hui, l'un des meilleurs du monde.

Durant sa conférence, Véronique évoqua également la personnalité de Maurice Béjart (1927- 2007) fondateur et directeur de la compagnie Ballet du xxe siècle créée en 1960 à Bruxelles. Il est considéré comme l'un des principaux et des plus novateurs chorégraphes de danse moderne qu’il a contribué à promouvoir en France et en Belgique dans les années 1970, notamment grâce aux générations de chorégraphes formées à l'École Mudra.

Véronique a fait danser bien d’autres noms sous nos yeux : le Marquis de Cuevas, Rudolf Noureev, Roland Petit, Zizi Jeanmaire, Pina Bausch, Merce Cunningham…. Un grand moment !

Louise Brabant


« JOAN MIRO, UN POETE PARMI LES SURREALISTES » par Marie Castelain, historienne de l’Art

Pour devenir artiste, Miró dut surmonter de sérieux obstacles. Ce fut d’abord la colère et l’hostilité de ses parents. Ce fut ensuite l’opposition du monde artistique enfermé dans son académisme fulminant contre les jeunes peintres.

Juan Miró est né à Barcelone le 20 avril 1893 d’un père orfèvre-horloger à Tarragone. Dolorès Ferra, sa mère est la fille d’un ébéniste de Palma de Majorque. Enfant rêveur et renfermé, de santé fragile (il contractera le typhus), il se révèle être un élève médiocre que son père contraint à travailler dans le commerce.

Montjuic, la colline dominant l’ancienne ville et le port de Barcelone, est pour Miro un critère d’authenticité et il y cherche l’inspiration dans ses racines catalanes. A l’âge de 7 ans, il prend ses premiers cours de dessin et en 1907 à 14 ans, il s’inscrit à « La Escuela de la Lonja » où Pablo Picasso avait pris des cours neuf ans auparavant.

A 19 ans, il entre à l’école d’art de Gali à Barcelone et décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Ses premières œuvres révèlent sa connaissance de l’art contemporain et du fauvisme. Matisse et Van Gogh eurent une grande influence sur sa peinture.

1920, il s’installe à Paris et rencontre Picasso qui lui apporte son soutien.

En 1921, il s’installe au 45 de la rue Blomet au cœur de Montparnasse. Son voisin est André Masson et ils vont former le premier noyau de ce que l’on appellera « Le Groupe de la rue Blomet » (Leiris, Desnos, Artaud, Prévert, Salacrou).

C’est là qu’il peindra une de ses œuvres majeures : « La Ferme ». Elle constitue à la fois l'œuvre maîtresse de période « détailliste » du peintre et sa première toile d'importance. Elle représente les éléments du mas familial de Miró à Mont- Roig. Parallèlement il signe un contrat avec Josep Dalmau, marchand d’art catalan, qui lui achète toutes ses toiles pour 1000 pesetas et s’engage à lui organiser des expositions.

En 1923, nouveau changement : Juan Miró crée un univers fantastique d’êtres et de symboles et il réalise l’année suivante « Paysage catalan » Il se marie en 1929 à Palma de Majorque avec Pilar Juncosa et s’installe rue François Mouton à Paris. L’année suivante naitra sa fille unique : Dolorès.

A partir de 1932, Miró explore d’autres moyens d’expression notamment des assemblages avecdes objets et des matières de toutes sortes et également des collages.

En 1933, il fait la connaissance de Kandinsky et se lie d’amitié l’année suivante avec Georges Braque. Commence alors, sa période dite des « Constellations » qui regroupe 23 œuvres, lesquelles seront exposées à la Galerie pierre Matisse de New York en 1945.

De nombreux prix viennent couronner son travail : le Grand prix international de gravure de la biennale de Venise, le Grand prix de la fondation Guggenheim pour ses peintures murales de l’UNESCO, le Prix Carnegie de peinture. Il peint également les trois Bleu I, Bleu II, Bleu III en 1961. Le 10 juin 1975, la fondation Miró est officiellement inaugurée.

En 1968, Joan Miró est nommé docteur Honoris Causa de l’université de Harvard. Ce fut son dernier voyage aux Etats-Unis.

Il inaugurera ensuite de nombreuses réalisations notamment la Fondation Joan Miró au Centre d’Etudes d’Art contemporain de Barcelone.

Avec Picasso et Dali, il fait partie des artistes contemporains d’origine espagnole ayant une renommée internationale. Surréaliste de la première heure, c’est seulement à partir des années 1970 que Miro connaitra la notoriété.

Miró meurt le 25 décembre 1983 à Palma de Majorque. Des obsèques solennelles seront célébrées au cimetière de Montjuic de Barcelone.

Parmi ses œuvres les plus célèbres :

Le Carnaval d’Arlequin (1925) considéré par les critiques d’art comme un récit de l’inconscient humain et le point culminant du style surréaliste personnel de Miro.

Bleu II (1961)Des espaces indéterminés et ponctués que Miró comparait à « l’éloquence du silence » ou à la

« musique muette ».

« Bien sûr, il ne m'a fallu qu'un instant pour tracer au pinceau cette ligne. Mais il m'a fallu des mois, peut-être des années de réflexion pour la concevoir ». Joan Miró

Emmanuelle David


"Autolouange" par Chantal M'Garambe

Dix lycéennes se sont retrouvées chez Christine Motte le vendredi 29 avril 2022 pour un atelier- découverte de l’autolouange.

L’autolouange est une pratique très ancienne, un art oratoire millénaire et universel. C’est une sorte de poème, une manière élogieuse, publique et solennelle de se nommer, de célébrer la vie et renouer avec sa créativité. La proclamation est aussi importante. Elle crée du lien avec soi et l’autre et déploie la capacité à s’émerveiller : simplicité d’une écriture en « Je » pour se connecter à soi et les autres.

Cette matinée était animée par Chantal N’Garambe, Rwandaise qui s’est formée avec Marie Millis, une enseignante belge qui a remis cette pratique au gout du jour avec des consignes très simples. A partir de cartes postales, et ensuite de photos, Chantal nous a aidées à écrire, partager et proclamer nos textes. Bons moments d’échanges, d’amitié…. Dépasser ses limites et découvrir une part insoupçonnée de soi. Nous nous sommes envoyées les textes ou phrases que nous avions envie de partager pour en faire un bouquet collectif. Nous avons terminé la matinée par un repas partagé, genre auberge espagnole où nous avons continué à discuter, rire et échanger.

Christine Motte


GAZETTE N° 12

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RETABLES FLAMANDS ET "GIGOTTOS"

Jeudi 7 avril 2022

C'est par une belle journée ensoleillée et très venteuse qu'une vingtaine de Lycéennes et d'accompagnants se sont retrouvés dans les Flandres pour une escapade culturelle visant à découvrir les retables, véritables trésors de nos églises

Le retable (positionné à l’arrière de la table de l’autel), est un élément décoratif phare de l’aménagement liturgique au Moyen-Age et à la Renaissance qui compte parmi les témoignages fondamentaux de l’apogée de l’art chrétien d’occident. Destiné à attirer l’attention des fidèles il trouve son origine dans un changement du rituel de la messe décidé par le Concile de Latran en 1215.

Il est souvent composé de pierre ou de bois sculpté ou encore de matières précieuses et sa dimension ornementale est liée directement à sa fonction cultuelle, c’est-à-dire mettre en exergue la présence divine. Le rôle de l’image comme source d’enseignement en constitue alors un fondement.

Elément central de la piété médiévale, le retable a fait l’objet d’investissements esthétiques et artistiques considérables et, à la Renaissance, sa composition a pris la forme d’une véritable architecture.

Il connait son apogée notamment dans nos églises des Flandres grâce au « Concile de trente » (1542-1563) de l’église catholique romaine qui s’est tenu afin de contrer le développement de la Réforme protestante amorcée par Luther. Ce Concile a alors placé le retable au centre du dispositif liturgique.

La révolution française de 1 789 a mis un coup d’arrêt aux retables et les églises construites après cette date n’en possèdent plus.

Avec le Concile Vatican II (1962-1965), l’aménagement liturgique est redéfini et le prêtre doit désormais célébrer la messe face aux fidèles. L’utilisation des retables devient alors obsolète. Ils disparaissent parfois de l’environnement sacré par des actes de vandalisme.

Néanmoins, ces retables sont encore des pièces maîtresses du riche mobilier de nos églises et quasiment aucune région Française ne rivalise par la qualité et la densité de nos œuvres d’art.

Depuis quelques années, la place du retable dans le décor religieux se développe à nouveau et les retables des Flandres, dans nos églises du milieu rural, un temps négligés, font l’objet de campagnes de restauration soignées.

La plupart des retables des Flandres figurent ainsi au patrimoine des Monuments historiques

Cette visite nous a été commentée par notre guide, Madame Faes vraiment passionnante. Elle débute par :

Herzeele.      Eglise Notre Dame de l’Assomption

Elle est placée dans un enclos paroissial entourée de maisons et du cimetière. Construite en briques blondes au XVII ème siècle, c’est une église de type hallekerque, (un style typique des Flandres) constituée de 3 nefs accolées. Il faut remarquer l’exceptionnel mobilier, en particulier les confessionnaux, les stalles, le banc de communion, l’un des plus beaux de Flandres et le buffet d’orgue. Elle abrite par ailleurs 3 retables classés Monuments historiques depuis 1 980.

D ’une richesse iconographique exceptionnelle : le retable central en bois polychrome de 1 741 dédié à Notre Dame, le retable nord, de 1 738 dédié au Sacré Cœur, et le retable sud de 1 739, dédié à Saint Antoine. La chaire, remarquable, date de 1 765. La cuve repose sur la statue de Saint Joseph portant l’Enfant. Elle est ornée de bas reliefs séparés par

des angelots.

On y invoque Saint Antoine de Padoue contre la fièvre et les tentations.

Oudezeele.      Eglise Saint Jean-Baptiste

Le suffixe « zeele » signifie « la maison du Seigneur »

Au XIIème siècle, le comte de Flandre offrit les 2/3 du village à l’abbaye de Bergues, puis en 1 458, les moines guillelmites de l’ordre de Saint Guillaume occupèrent les lieux. L’église est construite en briques rouges, mais la maçonnerie présente un emploi conséquent de grès ferrugineux. Elle a été restaurée après un incendie en 1 727.

Elle possède 4 autels à retables classés aux Monuments historiques :

Le retable de Sainte Anne dont le tableau d’autel représente la famille terrestre et la famille céleste de Jésus et le retable de la vierge où le tableau d’autel représente le couronnement de Marie. A noter, une petite statue de la vierge de Pontmain apparue en 1871 pendant la guerre contre la Prusse.

Sur le vitrail patriotique attenant, (rare) cette vierge est représentée au sein d’une scène évoquant la guerre 14-18. Deux retables de pilier sont dédiés à Saint Joseph et au « Christ au lien ».La table de communion en bois sculpté de 1 780 comporte des symboles eucharistiques et des armoiries de la famille Frohad de Lamette (donatrice). 15 tableaux représentent les mystères du rosaire (5 mystères joyeux, 5 mystères douloureux, 5 mystères glorieux).

Après une pause déjeuner sympathique dans un typique estaminet d’Esquelbecq, « village du livre » nous sommes repartis vers : Zegerscappel

Qui Signifie « chapelle des Victorieux » et qui possède un riche patrimoine religieux.

L'église SaintOmer est inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 2006.

C'est l'une des plus remarquables en Flandre. Sa tour est en pierres blanches calcaires et les murs sont constitués de grès ferrugineux et de briques.

L’édifice date du temps de Clovis. Détruit par les Gueux, il a été reconstruit plusieurs fois et finalement entièrement reconstruit en 1614, date que l'on peut lire à l'extérieur sur la nef nord.

Sa forme « hallekerque » comporte deux grandes nefs parallèles de dimensions à peu près égales. La troisième nef n'a pas été construite, par manque de finances, semble-t-il.

L'église est entourée du cimetière que la langue flamande

appelle du nom poétique de "kerhof" c'est à dire jardin de l'église... Sur les pignons, on trouve des dessins en briques plus foncées incrustées dans la maçonnerie. On parle assez souvent de runes qui comportent les marques des maçons.

Comme treize autres églises de Flandre, celle de Zegerscappel est dédiée à Saint Omer

Audomar (Omer) est né près du lac de Constance aux environs de l’an 600. Le roi Dagobert 1er le nomma évêque de Noyon-Tournai (627-640), puis évêque de Thérouanne. Il meurt aveugle en 670 à Wavrans-sur-l’Aa (62). Il est fêté le 9 septembre.

Dès que nous avons passé le hall d’entrée, nous avons pu admirer la tribune et le buffet d’orgue composé d’anciennes boiseries Renaissance Flamande du XVIIème siècle. L’instrument date de la fin du XVIIIème siècle Au centre de la tribune, la statue en bois de Sainte Cécile, patronne des musiciens est entourée de 5 anges musiciens.

Le retable nord est dédié à la vierge au manteau d’or, celui du sud est dédié au Sacré Cœur après l’avoir été à Saint Nicolas. La table de communion de 27 mètres de long est particulièrement remarquable avec ses bustes d’anges adorateurs.

Un très joli triptique de 1618 représente la pré-annonciation avec les donateurs figurant sur les panneaux latéraux. La chaire de vérité ainsi que sa rampe et les confessionnaux datent de 1 723 et sont merveilleusement sculptés.

A noter, un meuble assez rare de la confrérie du Saint Sacrement datant de 1 770 qui peut recevoir les noms de ses membres (600 cases). Enfin, on peut remarquer 2 vitraux :

Le premier comprend 3 lancettes : la 1ère représente Saint François d’Assise qui institue les tiers ordres masculin et féminin, la 2èmeSaint François qui reçoit les stigmates et la 3ème où l’on voit Saint Bonaventure qui protège l’église de Zegerscappel.

Le second où l’on voit Saint Gilles protégeant la biche poursuivie par des chasseurs. C’est lui qui arrête la flèche de la main.

Il s’agit là d’une verrière exceptionnelle par l’originalité de son décor et l’intensité de ses couleurs.

Nous avons terminé cette journée, déjà bien remplie, par la visite de « l’Atelier des GIGOTTOS » et nous y avons retrouvé notre âme d’enfant.

Cet atelier de création d'automates surprenants et rigolos contient une belle collection de personnages tous créés sur place par Bruno Dehondt, le propriétaire des lieux passionné et passionnant.

  • Ciboulette la biquette qui chante, conte et déambule. Emmanuelle David a même procédé à la traite de Ciboulette qui lui a donné du bon lait frais.
  • Félicifelle la Géante articulée qui se balade, danse du ventre et nettoie les vitres du 1er étage,

- Monsieur le curé qui a confessé Patrick Isaert.

- Rigobert le peintre caricaturiste, plutôt barbouilleur

- La Fanfare des Gigottos qui a déjà déambulé dans les carnavals parmi les plus prestigieux (Nice, Barcelone, Paris ...).

– Ou encore le cireur de chaussures, le jongleur, le ronfleur, le renard conteur de fables Célestine qui tricote et bien d'autres personnages stupéfiants !

Un beau moment de détente, de bonheur et d’amitié


LA CHINE

Conférence sur la Chine Par Arnauld Vandermersch

Un pays impossible à cerner, même pour les étudiants chinois.

Beaucoup de choses bougent depuis le XXème siècle : la population atteint 1 milliard 448 millions d’habitants ; l’économie est bondissante.

Trois parties :

  1. Décollage de la Chine
  2. Tensions intérieures
  3. Politique de coopération

1) Décollage

1911 : fin des dynasties, proclamation de la république

2021 : le Parti Communiste chinois fête ses 100 ans.

a) De 1949 à 1980, Mao Tse Toung met en place difficilement un communisme d’Etat, car il y a un écart entre la théorie et la pratique.

Deux périodes importantes :

  • Le grand bond en avant (1958 - 1960) : modernisation du pays
  • La révolution culturelle ((1966 - 1976), qui a provoqué une grande famine (15 à 30 millions de décès sur 600 millions d’habitants)

La politique de Mao est un échec.

b) Deng Xiaoping, secrétaire général du Parti, abandonne les théories du communisme et fait d’importantes réformes : industrie, commerce, éducation, agriculture (décollectivisation des terres, permettant profit et rentabilité).

1980 : création de la ZEE, zone économique exclusive, pour attirer les entreprises extérieures, notamment européennes. La Chine représente une main-d’œuvre colossale. Une classe moyenne se développe. Les produits « made in China » apparaissent.

Le 4 juin 1989, dans la volonté de démocratiser le pays, organisation d’élections (2800 élus).

2) Tensions intérieures

a) La population se répartit entre quelques mégalopoles de plusieurs dizaines de millions d’habitants chacune et la campagne (130 millions d’agriculteurs vivant avec moins d’1€ par jour).

3 classes sociales :

Une classe possédante, les Han (14 millions de millionnaires), vivant dans la « rivière des perles », dans le grand Est (Shangaï), dans le Nord-Est (Pékin) et 2 grandes villes du centre.

Une classe moyenne en expansion

Une classe pauvre en retrait : les agriculteurs.

b) Organisation administrative

22 régions + Taiwan + 5 régions autonomes dirigées par les Han (Tibet, Ouïghour, Ningxia, Mongolie intérieure, Guangxi). Les Ouïghours sont musulmans  et soutenus par Al Qaïda et les Talibans. On les enferme dans des centres de redressement où on les oblige à manger du porc et boire du vin.

c) Expansionnisme en mer : les Chinois bétonnent des ilots coraliens, les iles Spratley, en Mer de Chine, revendiquées aussi par Brunei, les Philippines, la Malaisie et le Vietnam.

3) Politique de coopération

Le 15 juin 2001, signature du Traité de Coopération de Shangaï : mise en œuvre de relations commerciales avec des pays d’Asie centrale pour exporter les produits chinois. En 2017, ouverture à l’Inde et au Pakistan.

En 2013, mise en place d’OBOR « One Belt, One Road » ou « nouvelles routes de la soie » : création d’infrastructures (ports, ponts, routes, chemins de fer) dans 64 pays en direction de l’Europe, de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Afrique. Une nouvelle route est créée en 2019 : le passage au Nord par l’Arctique, avec des arrêts en Russie pour récupérer des matières premières et écouler les produits chinois.

Conclusion

La Chine a un système communiste avec une politique économique libérale.

L’information reste verrouillée.

En passe de devenir le 1er pays du monde sur le plan économique. Elle possède beaucoup de matières premières sauf énergétiques.